L’Italien Jannik Sinner célèbre sa victoire contre le Serbe Novak Djokovic lors de leur match de demi-finale de simple messieurs le douzième jour des Championnats de Wimbledon 2026 au All England Lawn Tennis and Croquet Club à Wimbledon, au sud-ouest de Londres, le 10 juillet 2026. Photo de Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Avec le N.1 mondial Jannik Sinner et son futur dauphin Alexander Zverev à l'affiche, la finale de Wimbledon oppose dimanche les deux meilleurs joueurs de la saison, et le sacre libérateur de l'Allemand à Roland-Garros pourrait rendre le duel plus indécis. Avant Roland-Garros, où Zverev a enfin décroché à 29 ans le trophée majeur qui l'obsédait, le patron italien du circuit serait sans doute parti largement favori du match pour le titre sur le gazon londonien.
Quadruple vainqueur de tournois du Grand Chelem et tenant du titre à Londres, vainqueur des cinq premiers Masters 1000 de l'année, Sinner (24 ans) a remporté dix de ses quatorze duels contre son aîné, dont les neuf derniers. Il a en outre gagné les six derniers sans lui lâcher un set. « Qu'importe ce qui s'est passé auparavant entre lui et moi », a évacué le N.1 mondial après sa démonstration contre Novak Djokovic, corrigé 6-4, 6-4, 6-4 en demi-finales. « Depuis, il a gagné un Grand Chelem à Paris, ce qui lui a donné beaucoup de confiance. On voit d'ailleurs le niveau qu'il produit » à Wimbledon, où il n'avait jusqu'alors jamais dépassé les huitièmes de finale, l'a complimenté Sinner.
La victoire de Zverev porte d'Auteuil, après trois échecs en finale de tournois majeurs, « l'a en tout cas libéré d'un poids », juge le Français Sébastien Grosjean, demi-finaliste à Londres en 2003 et 2004.
Match à trois
« Il n'a jamais gagné de tournoi sur herbe, mais avec son service et ses qualités de frappe », cette surface atypique peut enfin lui sourire, ajoute l'ex-4e mondial, devenu consultant pour beIN Sports.
En l'absence de l'Espagnol Carlos Alcaraz, toujours blessé au poignet droit et qui sera supplanté dès lundi à la deuxième place mondiale par Zverev, l'occasion est belle pour l'Allemand d'affirmer sa place au sommet du tennis mondial. Pour triompher à Paris, il n'avait dû battre ni Sinner (éliminé dès le 2e tour), ni Alcaraz (forfait), ni Djokovic (battu au 3e tour), le seul joueur à avoir sérieusement contesté le duo italo-espagnol sur le circuit ces dernières années.
Battre le N.1 mondial en finale d'un Grand Chelem permettrait donc à Zverev de commencer à installer l'idée d'un match à trois, ou à quatre selon la longévité de Novak Djokovic qui continue de chasser un 25e trophée majeur à 39 ans.
« Quand tu as gagné un tournoi du Grand Chelem (...) tu sens au fond de toi que tu peux le refaire », a commenté Zverev après sa victoire en trois sets en demi-finales contre la révélation britannique du tournoi Arthur Féry (114e). « J'ai le sentiment d'avoir beaucoup travaillé sur mon jeu. Quand tu améliores ton coup droit, ton revers, ton service et tes retours, tu vas forcément gagner plus de matches, c'est aussi simple que ça », a développé l'Allemand, à la réputation sulfureuse, contrairement à celles de Sinner et Alcaraz.
Zverev a en effet été visé ces dernières années par des accusations de violences conjugales formulées par deux ex-compagnes, qu'il a toujours niées jusqu'à intenter des procès en diffamation.
Mieux que Murray et Medvedev ?
Depuis le début de la quinzaine, l'Allemand n'a concédé que deux sets : le premier lors de son entrée en lice contre le Belge Alexander Blockx (36e), le second en huitièmes face au Tchèque Jiri Lehecka (14e). Sinner a lui aussi égaré deux manches, au premier tour contre le Serbe Miomir Kecmanovic (50e), laborieusement éliminé en cinq sets, avant de ne plus rien lâcher.
L'Italien, qui avait plongé Zverev dans une longue période de doute en le surclassant en finale de l'Open d'Australie 2025, a été particulièrement impressionnant contre Djokovic vendredi. « J'ai perdu contre un meilleur joueur. J'étais un niveau ou deux en dessous » de celui du N.1 mondial, a sportivement reconnu celui qui a régné pendant 428 semaines sur le circuit ATP.
Si Zverev réussissait l'exploit de battre le maître italien dimanche, il deviendrait le premier joueur de l'ère Open (inaugurée en 1968) à remporter le Grand Chelem qui succède immédiatement à celui où il a conquis son premier trophée majeur. Une performance que ni Andy Murray, ni Daniil Medvedev n'ont réussi à accomplir, échouant tous deux en finale à Melbourne après avoir triomphé à l'US Open.


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