Le cheikh Akl druze Sami Abi el-Mona. Photo ANI
Le cheikh Akl druze, Sami Abi el-Mona, a condamné jeudi l’« agression injustifiable » contre la région de Soueida, dans le sud de la Syrie, lors d’une conférence de presse à Beyrouth. Refusant d’entrer « dans les considérations politiques » afin de « laisser place aux efforts de désescalade », il a annoncé le lancement d’une vaste campagne humanitaire en soutien à la population locale.
« Nous aurions souhaité qu’un accord soit trouvé avant que ce qui s’est passé n’advienne. Face à la réalité désormais exposée, avec des pertes humaines énormes, il nous était indispensable de condamner cette agression injustifiable contre Soueida », a déclaré le cheikh Akl druze. « Nous n’entrerons pas dans les considérations politiques aujourd’hui, afin de laisser la voie libre aux efforts de désescalade, a-t-il ajouté. Nous participons à ces efforts et nous nous sentons concernés par la responsabilité humanitaire, au moins en étant aux côtés de notre peuple à Soueida. »
L’appel humanitaire comporte deux volets : un premier, adressé aux druzes du Liban et de la diaspora, invités à contribuer au « fonds caritatif de la maison de la communauté », et un second, destiné aux pays arabes, à l’État syrien et aux États amis, afin de « lever le siège sur Soueida, ouvrir des couloirs humanitaires, soigner les blessés, reconstruire ce qui a été détruit et enquêter de manière sérieuse et transparente sur les massacres commis ».
Sami Abi el-Mona a souligné que « les druzes unitaristes sont des artisans de paix, non de discorde » et a réitéré son rejet d’un conflit « druzo-sunnite à Soueida ou ailleurs ». « Nous œuvrons à la réconciliation, a-t-il ajouté. C’est dans cet esprit que se poursuit notre contact permanent avec le mufti de la République libanaise, le cheikh Abdellatif Deriane »
Des violences sanglantes ont secoué la province syrienne de Soueida après des échanges entre des combattants druzes et des tribus bédouines sunnites qui ont rapidement dégénéré. Israël est intervenu par la suite en bombardant des installations gouvernementales, affirmant vouloir protéger la minorité druze et imposer une zone démilitarisée à sa frontière dans le sud de la Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1 300 personnes, principalement des druzes, ont été tuées lors de ces violences. Un cessez-le-feu est entré en vigueur dimanche après une semaine d'affrontements.


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