Photo d'illustration AFP
L'ex-ministre de la Justice moldave Vitalie Pirlog, inculpé à Paris vendredi sur des soupçons d'effacement volontaire de notices rouges Interpol pour des personnes en fuite, a été écroué mercredi par un juge des libertés et de la détention (JLD), a appris l'AFP de source proche du dossier. Une source judiciaire a confirmé cette information.
M. Pirlog, né le 28 juillet 1974 en Moldavie, grande taille, t-shirt et pantalon noirs, cheveux en arrière, est apparu mercredi matin à l'audience devant le JLD. La procureure financière a demandé le huis clos, arguant que dans ce « dossier de corruption internationale », il y a « de nombreux témoins à entendre dans de nombreux pays », un « risque de pressions voire de corruption » sur ces témoins, tandis que « l'un des deux mis en cause du dossier n'a pas été entendu ». Le juge a accepté.
M. Pirlog, aussi ex-président de la commission de contrôle de fichiers (CCF) d'Interpol, avait été interpellé le 15 juin aux Emirats arabes unis sur mandat d'arrêt international délivré par la France fin janvier 2025. Puis l'ex-ministre a été extradé vendredi à Paris, et inculpé pour escroquerie en bande organisée, usage de faux document administratif pour procurer l'impunité à l'auteur d'un crime, trafic d'influence passif d'agent public étranger, corruption active en bande organisée d'agent public étranger et soustraction d'un criminel à l'arrestation ou aux recherches. Les avocats de M. Pirlog n'ont pas souhaité commenter cette incarcération. Vendredi, l'un d'entre eux, Me Emmanuel Marsigny, avait indiqué à l'AFP que M. Pirlog n'était « certainement pas quelqu'un qui a voulu fuir la justice, bien au contraire ».
Vitalie Pirlog est soupçonné d'avoir aidé des suspects à obtenir le statut de demandeurs d'asile en Moldavie afin de bénéficier de la suspension de leur notice rouge, selon une source proche du dossier. Les premiers éléments des investigations conduites par l'Office central anticorruption français (OCLCIFF) ont révélé qu'un « groupe de personnes de différentes nationalités (était) suspecté d'avoir mis en oeuvre un schéma de corruption pour permettre à des fugitifs de bloquer et d'effacer les notices rouges qui les visent, en versant des pots-de-vin à des agents publics, notamment en Moldavie », avait relaté le procureur national financier dans un communiqué révélant l'affaire, en juin 2024. Les montants de ces pots-de-vin pourraient atteindre « plusieurs millions de dollars », indiquait le procureur financier, Jean-François Bohnert.


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