Les silos détruits du port de Beyrouth, quatre ans après le drame, le 4 août 2024. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
À l’occasion du cinquième anniversaire de la double explosion survenue le 4 août 2020 au port de Beyrouth, un programme de commémoration est prévu lundi dans la capitale libanaise, combinant cérémonie religieuse et mobilisation populaire, selon un communiqué de l'association des familles des victimes de l'explosion.
Une messe sera célébrée à 11h30 en la cathédrale Saint-Georges des maronites, dans le centre-ville de Beyrouth, par le patriarche Béchara Raï, en présence de l’archevêque de Beyrouth, Mgr Boulos Abdel Sater.
En fin d’après-midi, une marche populaire se déroulera à partir de deux points de départ : la place des Martyrs et la caserne des pompiers de Beyrouth, située à la Quarantaine. Les deux cortèges se retrouveront à 17h30 devant la statue de l’Émigré, à l’entrée du port, pour une halte commémorative, au cours de laquelle un hommage sera rendu aux victimes.
Le programme de la journée du 4 août a été annoncé lors d'une conférence de presse mercredi durant laquelle plusieurs représentants des familles des victimes ont pris la parole. Paul Najjar, père de la petite Alexandra Najjar tuée dans l'explosion, a déclaré : « Nous descendrons dans la rue pour réclamer une justice totale et intégrale, et nous n’accepterons pas une justice expéditive. » « Nous ne lancerons aucun appel aux détenteurs du pouvoir au Liban ; ceux qui ont besoin d’une invitation officielle n’ont pas leur place parmi nous, a-t-il poursuivi. Notre appel s’adresse à chaque Libanais libre qui réclame justice pour la plus grande explosion de l’Histoire, celle qui a ravagé la ville de Beyrouth. »
« Nous le disons haut et fort : cette explosion est, après celles de Nagasaki et Hiroshima, la deuxième plus massive par son ampleur. Il s’agit de la plus grande explosion non nucléaire de l’Histoire. Nous n’oublierons jamais cette tragédie, elle ne sera jamais derrière nous », a, de son côté, indiqué Cécile Roukoz. Elle a aussi souligné que « les autorités ne veulent pas la vérité, puisqu’à ce jour aucun acte d'accusation n’a été émis et pas un seul détenu n’est en prison »,
Le drame du port de Beyrouth a coûté la vie à 235 personnes, blessé plus de 7 000 autres et détruit une partie importante de la capitale. Cinq ans plus tard, les responsables de cette explosion, qui a impliqué des quantités énormes de nitrate d’ammonium stockées illégalement dans le port, n’ont toujours pas été jugés. Dernier développement en date : l’ancien procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, ne s’était pas présenté lundi à la séance d’interrogatoire prévue devant le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, qui l’avait convoqué dans le cadre de son enquête.


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