Des migrants marchent alors qu'ils sont rassemblés par les garde-côtes grecs après avoir débarqué d'un cargo, dans le port de Lavrio, au sud d'Athènes, le 10 juillet 2025. Photo AFP/ARIS MESSINIS
La Grèce a arrêté près de 200 migrants arrivés après le gel récent des demandes d'asile imposé par le gouvernement conservateur pour les demandeurs originaires d'Afrique du Nord, a annoncé samedi le ministre de l'Immigration.
« Les migrants illégaux qui sont arrivés depuis la Libye ces dernières heures ont été arrêtés par les gardes-côtes », a déclaré Thanos Plevris sur X. « Ils n'ont pas le droit de faire une demande d'asile, ils ne seront pas emmenés dans les centres d'accueil, mais resteront détenus par la police jusqu'à ce que le processus de leur retour soit initié », a ajouté le ministre.
Cette décision intervient alors que le gouvernement a annoncé le 9 juillet la suspension pour trois mois de l'examen des demandes d'asile de migrants arrivant à bord de bateaux en provenance d'Afrique du Nord. Selon les autorités grecques, plus de 7.300 migrants sont arrivés en Crète et à Gavdos depuis le début de l'année, contre 4.935 en 2024.
Les quelque 200 migrants interpellés sont arrivés, pour 190 d'entre eux, au sud de l'île de Crète et onze autres ont été retrouvés près de l'île d'Agathonísi, au large des côtes turques, ont indiqué les gardes-côtes à l'AFP. La télévision d'Etat ERT a rapporté qu'un de ces migrants était blessé et est finalement décédé à l'hôpital.
La Grèce connaît une augmentation des arrivées de migrants en provenance de Libye, principalement en Crète, l'île natale du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Pour le seul mois de juillet, plus de 2.000 personnes sont arrivées, provoquant la colère des autorités locales et des opérateurs touristiques qui ont mis la pression sur le gouvernement, réclamant des mesures pour stopper ces flux.
Le ministère grec de l'Immigration a aussi préparé une loi condamnant à plus de deux ans de prison un migrant entré illégalement sur le territoire, et à plus de cinq ans en cas de récidive. « Quelqu'un entrant dans mon pays illégalement doit comprendre qu'il arrive dans un régime de surveillance, pas d'hospitalité », a affirmé M. Plevris à la chaîne Open TV jeudi.
« Je suis un adepte des moyens dissuasifs... nous ne sommes pas un hôtel », a-t-il insisté, qualifiant l'arrivée de migrants d' « invasion ».
Athènes avait déjà temporairement suspendu l'examen des demandes d'asile début 2020 en pleine crise migratoire avec la Turquie quand des milliers de personnes en quête d'asile dans l'Union européenne avaient afflué à la frontière gréco-turque.


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