Le Premier ministre Nawaf Salam pendant la réunion avec les ambassadeurs de l'UE, le 11 juillet 2025. Photo Grand Sérail
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a informé vendredi les ambassadeurs de l’Union européenne (UE) des réformes en cours et de celles qui devraient être mises en œuvre dans les semaines et mois à venir, rapporte un communiqué publié par le Grand Sérail. Au cours de cette réunion, qui s'est tenue en présence de la cheffe de la délégation de l’UE au Liban Sandra De Waele, le chef du gouvernement a souligné que « l’État est déterminé à étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire, comme stipulé dans l’accord de Taëf et la déclaration ministérielle ».
La veille, le président de la République Joseph Aoun avait lui aussi reçu la délégation de l’UE au palais de Baabda. Il a évoqué devant elle plusieurs dossiers, notamment la situation sécuritaire du Liban à la lumière du cessez-le-feu conclu en novembre 2024, qui avait mis fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël. La question du désarmement demeure au cœur des débats politiques libanais et internationaux. L’émissaire américain Tom Barrack s’était rendu cette semaine à Beyrouth afin de promouvoir la « feuille de route » de Washington en vue du désarmement du Hezbollah.
M. Salam a par ailleurs salué la contribution de plus de 600 millions de dollars des pays de l’UE aux régions affectées par le récent conflit, estimant que ce soutien constitue « un pilier essentiel pour renforcer la résilience des populations et préserver la stabilité ».
Le Premier ministre a également insisté sur l’importance de renouveler le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) pour une année supplémentaire, compte tenu de son rôle central dans le maintien de la stabilité au Sud et l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Le Liban a officiellement adressé une lettre aux Nations unies en ce sens, sollicitant la prolongation du mandat de la Finul jusqu’au 31 août 2026.
De leur côté, les ambassadeurs ont réitéré l’engagement ferme de l’Union européenne à soutenir le Liban, notamment dans la mise en œuvre des réformes économiques, financières et judiciaires, et ont insisté sur l’importance de garantir l’indépendance de la justice. Ils ont exprimé leur appui aux démarches visant à favoriser un retour sûr et durable des réfugiés syriens dans leur pays.
Plus de six millions de réfugiés et migrants syriens ont fui leur pays depuis le début du conflit en 2011, principalement vers la Turquie, le Liban et la Jordanie. Le Liban, qui accueille environ 1,5 million de Syriens pour une population d’environ 4 millions de Libanais, est le pays qui compte le plus de réfugiés par habitant au monde. Mercredi, l'agence Reuters rapportait que des milliers de réfugiés syriens devaient rentrer dans leur pays depuis le Liban cette semaine dans le cadre du premier programme appuyé par l’ONU offrant des incitations financières à leur retour.


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