Le président libanais Joseph Aoun et le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi entourés d'une délégation européenne à Baabda, le 10 juillet 2025. Photo ANI.
Le président Joseph Aoun a reçu jeudi à Baabda une délégation de l'Union européenne (UE) devant laquelle il a abordé de nombreux sujets notamment la situation sécuritaire au Liban, à la lumière du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 pour mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Au cours de la rencontre, M. Aoun a notamment demandé à « l’UE de soutenir le Liban en œuvrant à la restitution complète de ses territoires et à l’extension de la souveraineté de l’État sur ces territoires », alors que l'armée israélienne occupe encore plusieurs positions au Liban-Sud, dont elle devrait se retirer, selon les termes de l'accord du cessez-le-feu. Il a aussi appelé « à lancer une initiative globale pour soutenir l’armée libanaise par tous les moyens, afin qu’elle puisse remplir ses missions ». « La situation sécuritaire pourrait fortement se détériorer en l’absence de l’armée, ce qui aurait un impact sur toute la région, et personne ne le souhaite », a mis en garde le président.
Face à la délégation présidée par l’ambassadrice de l’UE au Liban, Sandra De Waele, et comprenant les ambassadeurs des États membres, le président Aoun a aussi réitéré « l’importance de la présence de la Finul au Sud ». « Tant qu’il y a des territoires occupés, des prisonniers (libanais détenus par Israël) et qu’aucune délimitation des frontières n’a eu lieu, la présence des forces internationales au Sud est essentielle », a-t-il souligné alors qu'un vote est prévu en août au palais de verre pour renouveler le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban.
À propos des incidents impliquant la Finul et des habitants du Sud, le président Aoun a estimé qu’« il s’agit d’événements limités et isolés, qui sont gérés et maîtrisés ». Jeudi, un incident a éclaté entre des habitants du Liban-Sud et une patrouille de la Finul, menant à l'utilisation de fumigène par les Casques bleus pour les disperser. « La sécurité du personnel de la Finul est essentielle pour le Liban. La coopération avec l’armée est étroite », a-t-il assuré.
Concernant l'armement palestinien dans les camps de réfugiés, le président libanais, qui s'est engagé à rétablir le monopole de l’État sur les armes, a indiqué que « le Liban attend toujours les résultats de l’initiative du président palestinien Mahmoud Abbas sur le fonctionnement du comité conjoint et l’application de cette initiative. Cela prend du temps ». « Le retrait des armes de certains camps du Sud est en cours, conformément à la résolution 1701 qui stipule l’absence d’armes dans la zone au sud du Litani, y compris dans les camps. Il revient aux autorités palestiniennes de collecter ces armes et de les remettre à l’armée », a-t-il ajouté.
Réformes et sanctions
Au sujet des réformes attendues par la communauté internationale, le président Aoun a affirmé qu’« un progrès a été accompli dans ce qui a été demandé par le Fonds monétaire international (FMI) ». Il a notamment indiqué que « la loi sur la restructuration des banques est dans ses phases avancées au Parlement », et espéré « qu’elle sera adoptée rapidement d’ici la fin du mois en cours ».
Le chef de l'État a aussi demandé « la levée des sanctions européennes imposées au Liban, même si leur but est d’encourager les réformes et leur remplacement par des mesures incitatives telles que la facilitation de prêts pour des projets et la mise en place d’une coopération libano-européenne ». Il a également réclamé « la tenue d’une conférence euro-arabe pour reconstruire le Liban et relancer son économie, en parallèle à sa marche vers une souveraineté complète, tant au niveau sécuritaire que militaire ».
Pour ce qui est des déplacés syriens, le président Aoun a estimé que « le Liban a porté un lourd fardeau en accueillant des déplacés pendant plus de 10 ans » et qu’« avec la stabilisation de certaines régions syriennes, il est juste et nécessaire de commencer à faciliter le retour des déplacés de manière sûre, digne et coordonnée, car le Liban ne peut plus assumer leur présence ». « Le soutien international doit s’adapter à cette réalité », a-t-il souligné.
M. Aoun a également indiqué travailler sur « des nominations clés, guidées par les principes de mérite et de transparence, afin de restaurer la confiance dans l’État. » Il a ensuite reçu jeudi après-midi au palais de Baabda le Premier ministre Nawaf Salam, avec qui il a notamment discuté de la séance du Conseil des ministres prévue vendredi et à l'ordre du jour de laquelle figurent des nominations.


FORCE INTERNATIONALE POUR SECONDER L,ARMEE ET LA FINUL AU DESARMEMENT COMPLET DU TANDEM CHIITE, DES PALESTINIENS ET DE TOUT ARME SUR NOTRE SOL NATIONAL.
12 h 20, le 11 juillet 2025