Le minaret d’une mosquée au milieu des décombres de bâtiments frappés par l'armée israélienne à Chebaa au Liban-Sud, le 27 novembre 2024. Photo AFP
Les moukhtars de Chebaa ont exprimé leur étonnement face « aux prises de positions de certains responsables politiques et analystes qui, de temps à autre, parlent généreusement de renoncer ou d’abandonner leur terre, la terre de nos ancêtres et de leurs ancêtres, dans les fermes de Chebaa ».
Dans un communiqué cité par l'Agence nationale d'information, ils ont condamné les déclarations répétées allant dans ce sens, affirmant que « les fermes de Chebaa sont entièrement libanaises, transmises de père en fils, et ne nécessitent la validation de personne ». « Tous les documents, archives et faits confirment ce droit depuis la création et l’existence du Liban », ont-ils encore insisté.
Le communiqué a été signé par les moukhtars : Mohammad Ali Hachem, Ibrahim Mohammad Nabaa, Hassan Ali Zahra, Ziad Ghaleb Rahil, Mohammad Kassem Nabaa, Mohammad Khalil Saëb, Jamal Khalil Markiz, Ibrahim Riyad Youssef, Afif Kassem Saëb, Maher Kassem Ghader et Mohammad Ahmad al-Khatib.
Les élus locaux réagissaient aux propos du leader druze Walid Joumblatt, qui avait réaffirmé la semaine dernière que les fermes de Chebaa et les collines de Kfarchouba occupées par Israël sont des territoires syriens. Ils ont appelé les trois présidents (de la République, du Parlement et du Conseil) ainsi que les responsables à tous les niveaux à « adopter une position claire et ferme sur cette question nationale ».
La déclaration M. Joumblatt avait aussi suscité des réactions, notamment de la part du député Kassem Hachem, membre du groupe parlementaire Amal, et de Mohammad Hamdane, président de l’Association des Fils du Arkoub, qui ont tous deux rejeté ses propos et réaffirmé l’identité libanaise des terres contestées.
Selon plusieurs experts, le statut des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba reste disputé, beaucoup estimant que ces territoires sont davantage syriens que libanais. Les opposants au Hezbollah considèrent cette revendication comme un prétexte pour que le groupe conserve ses armes, justifiant ainsi la nécessité de poursuivre la résistance jusqu’à la libération complète du territoire libanais de l’occupation israélienne.
La controverse sur les fermes de Chebaa intervient alors que l’armée israélienne continue d’occuper cinq points dans le sud du Liban et viole presque quotidiennement le cessez-le-feu conclu le 27 novembre. Le dernier conflit entre le Hezbollah et Israël a débuté le 8 octobre 2023, au lendemain de l’opération du Hamas en Israël qui a plongé Gaza dans une spirale de violence.


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