Le tableau d'affichage des départs à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, près de Paris, le 3 juillet 2025, en pleine grève des contrôleurs aériens. Photo AFP / THIBAUD MORITZ
La fin de l'année scolaire risque de rimer avec galère en France vendredi pour ceux qui ont choisi l'avion: des centaines de vols vont encore être annulés, en particulier dans les aéroports parisiens, au deuxième jour d'une grève de contrôleurs aériens.
Des centaines de milliers de personnes ont déjà été affectées jeudi en France et en Europe par ce mouvement social, déclenché par deux syndicats minoritaires qui réclament une amélioration de leurs conditions de travail et des effectifs plus importants.
La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a chiffré à 933 le nombre de vols supprimés jeudi au départ ou à l'arrivée de la France, soit environ 10% des vols initialement prévus. Localement, ces taux ont été bien plus élevés : 50% à Nice, troisième aéroport français, et 25% pour les aéroports parisiens de Roissy/Charles-de-Gaulle et Orly, où transitent 350.000 personnes par jour au total en période estivale.
Vendredi, jour de grands départs en France, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens, puisque la DGAC a demandé aux compagnies de réduire leurs programmes de vols de 40%. Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières françaises, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E) ayant estimé qu'en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, « affectant presque 300.000 passagers » sur le Vieux continent.
Le deuxième syndicat d'aiguilleurs du ciel, l'Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l'Usac-CGT (16%).
Toute la journée de jeudi, des vols maintenus ont accusé d'importants retards, en particulier à Nice et Marseille. A4E a chiffré à « quasiment 500.000 minutes » cumulées jeudi les retards en Europe, sur près de 33.000 trajets commerciaux, de nombreux avions empruntant l'espace aérien français sans forcément atterrir dans le pays.
Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d'un « incident grave » à l'aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs, en dehors du cadre légal et sans respect du tableau de service. Parmi les griefs de l'Unsa-Icna : « un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l'été », des outils obsolètes et « un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés ».


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