Une femme marche sous un écran des départs alors que le trafic aérien est fortement perturbé, à l'aéroport d'Orly, en région parisienne, le 25 avril 2024. Photo d'archives AFP/ THOMAS SAMSON
Une grève de contrôleurs aériens en France perturbe jeudi le début des vacances d'été de dizaines de milliers de voyageurs, un mouvement qui devrait prendre de l'ampleur vendredi et risque de se répercuter sur le trafic en Europe. Peu après 12H30 GMT jeudi, des vols maintenus accusaient d'importants retards, par exemple entre 46 minutes et une heure et 10 min à l'arrivée et au départ à Nice et Marseille, selon la DGAC.
Les aéroports s'avèrent particulièrement affectés dans la moitié sud du pays par ce mouvement social lancé pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Outre à Nice (sud-est), troisième plateforme française, la moitié des vols sont annulés à Bastia et Calvi (Corse), et 30% à Lyon (centre-est), Marseille (sud), Montpellier (sud), Ajaccio et Figari (Corse).
En région parisienne, ces annulations concernent le quart des liaisons au départ ou à l'arrivée de Paris-Charles-de-Gaulle et Orly. Place forte du « low-cost », celui de Beauvais, situé au nord de Paris, enregistre 25% d'annulations. Au-delà de la France, le trafic aérien européen pâtit du mouvement. Quelque 31.500 vols commerciaux sont prévus jeudi en Europe, selon une mise à jour de l'organisme de surveillance du trafic aérien Eurocontrol, qui a relevé plus de 20 minutes de retard par liaison en moyenne à 14h27, des délais imputables à 73% à la grève française.
La première compagnie aérienne européenne, Ryanair, a annoncé jeudi avoir dû annuler 170 vols, affectant 30.000 passagers. « Une fois de plus, les familles européennes sont prises en otage par les grèves des contrôleurs aériens français », a dénoncé son patron Michael O'Leary. Air France a confirmé avoir été « contrainte d'adapter son programme de vols », sans préciser le nombre d'annulations, mais souligné que son réseau long-courrier n'était pas affecté.
L'influente association Airlines for Europe, qui fédère entre autres Air France-KLM, Lufthansa, British Airways, easyJet et Ryanair, a jugé la grève « intolérable » et a prévenu qu'elle allait « perturber les projets de vacances de milliers de personnes ». Vendredi, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens et à Beauvais, la DGAC y ayant ordonné une réduction du nombre de vols de 40%. De source proche du dossier, 270 contrôleurs aériens se sont déclarés grévistes jeudi, sur un effectif total de quelque 1.400. Une réforme est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d'un « incident grave » à l'aéroport de Bordeaux (sud-ouest) fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision.
Le deuxième syndicat des aiguilleurs du ciel (17% des voix aux dernières élections professionnelles), l'Unsa-Icna, a appelé à la grève jeudi et vendredi, s'insurgeant contre cette réforme et dénonçant « un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l'été », des outils obsolètes et « un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés ». Le troisième, l'Usac-CGT (16% des suffrages), a rejoint le mouvement.
Le premier syndicat des aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), a indiqué à l'AFP ne pas appeler à la grève. Mercredi, le ministre français des Transports Philippe Tabarot a exclu de céder: « Les revendications portées par des syndicats minoritaires sont inacceptables, tout comme le choix de faire cette grève au moment des grands départs en congés », a-t-il affirmé.


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