Visuel de campagne pour la libération du journaliste sportif indépendant Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie, diffusé par l’association Reporters sans frontières (RSF), le 29 juin 2025.
Une quarantaine de Sociétés des journalistes (SDJ) de médias français a appelé mardi à « la libération immédiate » de Christophe Gleizes, leur confrère spécialiste de football condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ». « L'emprisonnement d'un journaliste pour l'exercice de sa profession constitue une ligne rouge infranchissable. Christophe Gleizes doit retrouver sa liberté, sa famille et ses rédactions », écrivent les SDJ dans un communiqué commun.
Parmi elles, figurent celles du quotidien sportif L'Équipe, de l'AFP, de la chaîne TF1, de la rédaction nationale de France Télévisions, de Radio France, de RTL, du Parisien ou encore du Monde. « Nous appelons les autorités algériennes à annuler cette condamnation injuste et les autorités françaises à intensifier leurs efforts diplomatiques pour faire libérer notre confrère », poursuivent les SDJ, en voyant dans cette condamnation « une atteinte inacceptable à la liberté de la presse ». De leur côté, des syndicats de journalistes « appellent les autorités françaises à agir sans délai pour la libération de Christophe Gleizes, à faire le maximum pour rapatrier un de leurs ressortissants et l'extraire d'un bourbier diplomatique qui le dépasse ».
La France et l'Algérie traversent une crise diplomatique sans précédent, marquée par des expulsions de diplomates de part et d'autre, des restrictions pour les titulaires de visas diplomatiques et un gel de toutes les coopérations. Enfin, l'ONG de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF) a lancé une pétition en ligne contre cette « condamnation inique ».
Collaborateur des magazines « So Foot » et « Society », Christophe Gleizes, 36 ans, a été condamné dimanche à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national ». La condamnation, dont il a fait appel, est intervenue au terme de 13 mois de contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le pays. La justice lui reproche d'avoir été en contact avec un dirigeant du club de foot de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), par ailleurs responsable du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. Le journaliste était arrivé en Algérie en mai 2024 pour un sujet sur la JSK, l'un des plus gros clubs du pays basé à Tizi Ouzou, à l'est de la capitale Alger.


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