Des hommages sont déposés sous le sceau de l’Agence américaine pour le développement international (USaid) à son siège à Washington, le 7 février 2025. Photo AFP
Le recul de l'aide publique au développement avec notamment le désengagement des États-Unis pourrait entraîner une hausse « dramatique » des déplacements forcés pour atteindre 7,85 millions de personnes en 2025, a alerté mardi le Danish Refugee Council (DRC).
Principal pays donateur pour de nombreuses agences et ONG, les États-Unis ont, à l'initiative de son président Donald Trump, quasiment démantelé leur agence de développement, l'USAID, qui finançait une grande part de l'aide internationale. D'autres pays occidentaux, comme la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont aussi réduit leurs aides.
« Lorsque le financement est brutalement réduit, les bouées de sauvetage disparaissent : les services vitaux qui protègent les communautés vulnérables contre la violence, la faim et les déplacements disparaissent brusquement, conduisant à des conséquences tragiques », a déploré la secrétaire générale du DRC, Charlotte Slente, citée dans un communiqué.
Les prévisions les plus sombres tablent sur 3,9 millions de déplacements forcés supplémentaires en 2025 en sus des 3,95 millions de personnes dont l'ONG anticipait déjà le départ forcé. « Le résultat serait un quasi-doublement des nouveaux déplacements totaux, atteignant un chiffre stupéfiant de 7,85 millions », a relevé le DRC.
Un scénario plus optimiste envisage 1,8 million de déplacements forcés supplémentaires, portant le total à 5,75 millions. En mars, le DRC estimait le nombre de personnes devant quitter leur foyer en 2025 à 6,7 millions.
Quelque 122,1 millions de personnes ont été forcées de fuir leurs foyers à cause de guerres, de violences ou de persécutions selon un décompte mondial établi fin avril et communiqué par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans un rapport annuel.

