Le siège dévasté d’Électricité du Liban à Beyrouth. Photo d'archives João Sousa/L’Orient-Le Jour
La Ligue des employés de l’administration publique a menacé de lancer une grève générale, prétextant une « négligence systématique » et un « mépris flagrant » de leurs revendications plus de cent jours après la formation du gouvernement de Nawaf Salam.
Selon l'organisation syndicale, aucune tâche ne sera accomplie mercredi 2, jeudi 3 et vendredi 4 juillet, et que cet arrêt de travail se poursuivra de manière progressive, jusqu'à l'obtention de « l'ensemble de nos droits », souligne un communiqué. « Nous n’avons constaté une poursuite de la politique de marginalisation et de dénigrement de l’administration publique, comme si elle représentait un fardeau dont il fallait se débarrasser, plutôt que le pilier fondamental de l’État », a dénoncé la ligue.
Un peu plus d’un an après avoir doublé le salaire minimum à 18 millions de livres libanaises (soit 200 dollars au taux de change de 89 500 LL pour un dollar), le Conseil des ministres avait approuvé le vendredi une nouvelle augmentation, portant le salaire minimum à 28 millions de livres (312 dollars, soit une hausse de 56 %), à compter du mois prochain. Le ministère du Travail a proposé cette révision à l’issue d’une réunion en mai avec le Comité de l’indice des salaires – l’organisme chargé d’examiner les politiques salariales et composé de représentants des syndicats et des organismes économiques – après un mois de bras de fer entre les syndicats et les employeurs libanais.
La Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), ainsi que d’autres syndicats, avaient rejeté la proposition. Le président de la CGTL Béchara Asmar avait critiqué le plan, accusé de se concentrer uniquement sur le salaire minimum, sans revoir l’ensemble de la grille salariale. Il avait également dénoncé une augmentation jugée dérisoire et menacé de recourir à des mobilisations dans la rue pour accentuer la pression. La grille des salaires concerne le salaire des fonctionnaires, décidé dans le budget de l'État qui doit être adopté avant la fin de l'année. Le salaire minimum, lui, concerne celui du secteur privé.
« La loi sur la grille des salaires a été confisquée et vidée de son contenu, sous prétexte d’un manque de fonds, alors que les fonds sont détournés vers les poches d’une minorité qui ne met jamais les pieds dans les services publics et ignore totalement nos souffrances », a accusé la Ligue des fonctionnaires, qui dénonce par exemple la « revalorisation du salaire minimum dans le secteur privé, alors que le secteur public se débat dans une misère salariale ne dépassant pas 675 000 livres libanaises ».
La ligue a mis en avant ses revendications comme « l'intégration immédiate et complète de toutes les aides et primes dans le salaire de base » et appelé tous « les collègues à respecter scrupuleusement l’arrêt de travail d’avertissement au sein des bureaux ». « Nous ne reculerons pas, et nous intensifierons notre action jusqu’à la pleine obtention de nos droits », ont-il ajouté.


