Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara el-Asmar. Photo ANI
La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) a mis en garde samedi les autorités contre « le déséquilibre social qui risque de conduire à des mouvements de grève et de protestation », réclamant une hausse du salaire minimum dans le privé et l'intégration des aides étatiques aux salaires des fonctionnaires du public.
Le syndicat le plus puissant du Liban a invité le gouvernement à prendre « une position responsable et nationale » et à un « dialogue sérieux » « pour ajuster logiquement le salaire minimum dans le secteur privé, accorder une augmentation du coût de la vie sur les différents échelons, et intégrer au salaire les aides accordées aux fonctionnaires du secteur public ».
« Nous allons vers un état de grave déséquilibre social qui produit des grèves, des sit-in et des mouvements dans la rue », a annoncé la CGTL dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
« Votre logement et votre loyer sont indexés au dollar du marché, votre panier alimentaire est au dollar du marché, vos frais, taxes et services sont au dollar du marché, vos écoles également avec des augmentations annuelles au dollar du marché, votre hospitalisation ou sa différence est au dollar du marché, le transport ou la voiture et son entretien avec le carburant et le combustible de chauffage sont au dollar du marché, et le gouvernement a accès à votre salaire, si vous êtes dans le secteur public ou privé, (sachant que) le salaire s'est arrêté en 2019 », a rappelé la CGTL, s'adressant aux travailleurs.
« Tout vous est pris, même vos économies dans les banques, et le responsable vous accorde des miettes de ce qui reste du dollar du marché, un fonctionnaire qui cherche à diviser, à donner à qui il veut et à priver qui il veut, à augmenter aussi le carburant pour tout le monde afin de couvrir une partie de ses droits », a encore dénoncé le syndicat.
Le ministre du Travail, Mohammed Haidar, a présenté le 7 mai dernier un projet de hausse du salaire minimum de 50% à 28 millions de livres libanaises, soit l’équivalent de 312 dollars au taux actuel de 89 500 LL pour un dollar. Mais ce projet incomplet a été rejeté par la CGTL et par d’autres syndicats. Le président de la CGTL, Béchara el-Asmar, a dénoncé le projet qui, à ses yeux, ne fixe que le salaire minimum sans changement pour les autres échelons. Il dénonçait aussi un salaire minimum bien trop bas et agitait déjà le recours à la rue comme moyen de pression.
Les salaires des travailleurs libanais se sont effondrés avec la vive dépréciation de la libre libanaise depuis octobre 2019. Avant la crise économique, le salaire minimum était fixé à 675 000 LL soit 450 dollars au taux officiel de l’époque de 1 507,5 LL.

