Les forces de l'armée israélienne se déploient autour du site religieux de la Tombe de Joseph dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 27 juin 2025, après qu'un groupe d'Israéliens a pénétré sur le site sans coordination avec les forces de sécurité palestiniennes. Photo AFP/JAAFAR ASHTIYEH
Six Israéliens ont été arrêtés après avoir agressé des soldats dans le centre de la Cisjordanie, a annoncé samedi l'armée israélienne, qui occupe ce territoire palestinien depuis 1967. Les arrestations ont eu lieu près du village de Kafr Malek, où des colons israéliens ont mené une attaque mercredi soir au cours de laquelle trois Palestiniens ont été tués selon l'Autorité palestinienne.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des soldats « ont identifié plusieurs civils israéliens se dirigeant à bord de véhicules vers un secteur désigné comme zone militaire fermée, près du village de Kafr Malek », près de Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, indique un communiqué militaire.
« A l'arrivée des forces de sécurité, des dizaines de civils israéliens leur ont lancé des pierres et ont agressé physiquement et verbalement les soldats », écrit l'armée. Les « civils ont vandalisé [...] des véhicules des forces de sécurité et tenté de percuter en roulant des membres de ces forces ». Le rassemblement a finalement été dispersé « et six civils israéliens ont été appréhendés et transférés à la police », ajoute l'armée.
Dans un communiqué, le ministre de la Défense israélien a condamné « fermement les graves actes de violence et l'agression contre [des] soldats » et appelé à localiser et traduire en justice « tous ceux » qui y ont participé.
Condamnée par l'ONU comme illégale au regard du droit international, la colonisation de la Cisjordanie s'est accélérée depuis le retour de Benjamin Netanyahu en 2022 au pouvoir grâce à une alliance avec des partis d'extrême droite agissant en vue d'une annexion de ce territoire par Israël.
« Complicité officielle »
Jeudi, une foule de Palestiniens a participé à Kafr Malek aux funérailles des trois Palestiniens tués.
Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne a dénoncé une « complicité officielle » de l'armée israélienne, qu'il a accusée mercredi soir d'avoir « empêché les équipes d'ambulances d'atteindre les blessés » à Kafr Malek. Il l'a aussi accusée d'avoir « entravé l'entrée des équipes de défense civile pendant plusieurs heures, permettant ainsi aux incendies déclenchés par les colons de détruire des dizaines de maisons ».
Interrogée par l'AFP, l'armée n'a pas répondu spécifiquement à ces accusations.
Sur les violences mercredi soir à Kafr Malek, un porte-parole militaire a indiqué à l'AFP que des soldats y étaient intervenus pour disperser des heurts à coups de jets de pierres entre des Palestiniens et « des dizaines de civils israéliens [y ayant] incendié des biens ».
Des soldats ont alors ouvert le feu sur « plusieurs terroristes [ayant] ouvert le feu et jeté des pierres sur » eux, a-t-il ajouté. Le porte-parole a par ailleurs indiqué que « cinq suspects israéliens » avaient été appréhendés mercredi. Selon le quotidien israélien Haaretz, tous ont été relâchés jeudi.
Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent la montée des violences commises par des colons en Cisjordanie et l'impunité dont ils bénéficient. Les violences ont flambé en Cisjordanie depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Au moins 945 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, y ont été tués par des soldats ou des colons israéliens, selon des données de l'Autorité palestinienne. Dans le même temps, selon des données officielles israéliennes, au moins 34 Israéliens, dont des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens.


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