Le Premier ministre libanais Nawaf Salam (à g) reçu par le président du Parlement, Nabih Berry à Aïn el-Tiné, le 28 juin 2025. Photo fournie par le bureau de presse du Parlement
Le Premier ministre Nawaf Salam a rendu visite, samedi matin à Aïn el-Tiné, au président du Parlement, Nabih Berry, pour discuter de la réponse que le Liban formulera à la proposition présentée cette semaine par l'envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack.
Cette proposition a été transmise au gouvernement libanais par l'intermédiaire du leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, à la suite de son entretien avec l'émissaire américain. Jeudi, M. Joumblatt a annoncé avoir remis aux autorités les armes détenues par sa formation, conformément aux exigences de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, qui réclament le désarmement du Hezbollah.
Le texte remis par Tom Barrack au nom de l'administration américaine porte notamment sur la fin de l’état de conflit avec Israël et demande de nouveaux engagements de Beyrouth concernant le monopole des armes et le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire. Ce dossier fait du sur place ces derniers mois malgré les diverses consultations entre le président Joseph Aoun et des parlementaires du parti chiite.
Selon un communiqué publié par Aïn el-Tiné, M. Berry a abordé avec Nawaf Salam « la situation au Liban et dans la région, ainsi que les développements politiques et sur le terrain à la lumière de la violation continue par Israël de l'accord de cessez-le-feu et de ses attaques contre le Liban, la dernière en date étant l'agression aérienne israélienne qui a ciblé la région de Nabatiyé vendredi ». Nabih Berry a également fait le point sur l'évolution de la situation sur le terrain, en particulier dans le Sud, avec le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal.
Renforcement du rôle de l'armée
Selon les informations de notre publication, la proposition de Washington comprend un élargissement du mandat du Comité de surveillance du cessez-le-feu - mis en place à la suite du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël - et appelle à un renforcement du déploiement de l’armée libanaise dans le Sud, en coopération avec la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (Finul).
En contrepartie, et selon une source diplomatique arabe, Washington travaille à exercer de réelles pressions sur l'État hébreu pour l’arrêt de ses attaques quasi quotidiennes contre le Liban et l’établissement d’un calendrier clair de retrait des cinq points que l'armée israélienne continue d’occuper.
Le document comporte par ailleurs une partie sur les réformes de l'État libanais, ainsi que sur les relations libano-syriennes.
Si la proposition est approuvée par MM. Salam et Berry, ainsi que par le président de la République, Joseph Aoun, elle sera présentée au Conseil des ministres pour validation. La réponse sera par la suite remise à M. Barrack, attendu à Beyrouth dans deux semaines, qui la transmettra à Israël et à la Syrie.



Il est naif de croire qu’il suffit de désarmer le hezbollah et qu’ainsi on aura la paix avec Israel. Tout ce que fait Israel, il ne le fait pas pour la paix, il le fait pour dominer totalement la région et il ne laissera surement pas le Liban le concurrencer dans quelque domaine que ce soit. Si le but etait la paix, les palestiniens auraient des droits depuis belle lurette. Si le but etait la paix, l’accord nucleaire iranien n’aurait pas été déchiré Seules des garanties americaines concernant le respect de la souveraineté du Liban permettront d’avancer.
15 h 47, le 29 juin 2025