La Cour suprême américaine à Washington, le 2 mars 2025. Photo AFP / TIERNEY L CROSS
La Cour suprême américaine à majorité conservatrice a donné raison vendredi à des parents d'élèves qui revendiquent, au nom de la liberté religieuse, de pouvoir retirer leur enfants des cours quand des livres abordant des thèmes LGBT+ y sont utilisés.
Par six voix contre trois, celles des six juges conservateurs contre les trois magistrats progressistes, la plus haute juridiction des Etats-Unis considère que priver les parents d'élèves de la possibilité de ne pas exposer leurs enfants aux thèmes LGBT+ est « une atteinte inconstitutionnelle » à leur liberté de culte et « interfère de manière substantielle avec le développement religieux des enfants ».
A l'origine de l'affaire, des parents d'élèves d'écoles publiques d'un comté du Maryland, près de Washington, ont contesté l'introduction en 2022 dans le cursus des écoles maternelles et primaires de livres pour enfants visant à combattre les préjugés sur l'homosexualité ou l'identité de genre. Le comté, après avoir initialement prévu d'en notifier les familles pour leur permettre de demander que leurs enfants soient dispensés des cours où ces contes seraient utilisées, a annulé cette option.
« Pour de nombreuses personnes croyantes, peu d'actes religieux sont plus importants que l'éducation religieuse de leurs enfants », écrit au nom de la majorité le juge conservateur Samuel Alito. « Ces livres imposent aux enfants un ensemble de valeurs et de croyances hostiles aux croyances religieuses de leurs parents » et « exercent (sur eux) une pression psychologique pour se conformer à ces points de vues spécifiques », ajoute-t-il, en citant l'exemple de livres traitant du mariage de personnes de même sexe. « Les livres sont indubitablement normatifs. Ils sont conçus pour présenter certaines valeurs et croyances comme des choses à promouvoir, et d'autres valeurs contraires comme des choses à condamner », et ce auprès de « jeunes enfants impressionnables », poursuit le juge Alito.
Des parents de confession musulmane ou chrétienne avaient saisi la justice, dénonçant une atteinte à leur liberté religieuse, garantie par le Premier amendement de la Constitution américaine.
Les autorités scolaires « veulent perturber les efforts des plaignants pour transmettre à leurs enfants leurs convictions religieuses sur la sexualité et le genre », avaient affirmé ces parents d'élèves dans leurs arguments écrits à la Cour suprême, lui demandant d'annuler la décision d'appel en leur défaveur. Le ministère de la Justice de l'administration Trump les avaient appuyés, dénonçant « un cas d'école d'ingérence dans la liberté de culte ».


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