La conférence au Grand Sérail groupant le Premier ministre Nawaf Salam, les pays donateurs et les institutions financières, le 10 juin 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) Mohammad Kabbani a affirmé mardi que « les travaux de reconstruction débuteront avant la fin de cette année » au Liban, près d'un an après l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu avec Israël. Ses propos ont été tenus au cours d'une table ronde au Grand Sérail consacrée au projet de soutien d'urgence au Liban (LEAP) et présidée par le Premier ministre Nawaf Salam, avec les représentants de pays donateurs et des institutions financières.
La conférence vise à financer la réhabilitation des services de base et des infrastructures publiques endommagées pendant la récente guerre entre le Hezbollah et Israël, selon le Grand Sérail. Le Hezbollah avait ouvert un front de soutien à Gaza le 8 octobre 2023. Après des mois d'échanges de frappes et tirs le long de la frontière, l'État hébreu avait lancé le 23 septembre 2024 une offensive élargie et meurtrière puis, quelques jours plus tard, une offensive terrestre le long de la Ligne bleue. La guerre a détruit, totalement ou partiellement, des villages du Sud, de la Békaa et de la banlieue-sud de Beyrouth. La Banque mondiale (BM) évalue à onze milliards de dollars la facture totale des dégâts dans les régions touchées par les bombardements israéliens au Liban. Ces estimations couvrent la période du 8 octobre 2023 jusqu’au 20 décembre 2024.
Nawaf Salam a affirmé durant la conférence que le gouvernement avait besoin de « douze milliards de dollars » pour la reconstruction et avait annoncé la semaine dernière l’obtention d’un prêt de 250 millions de dollars de la BM et le lancement de projets avec les agences de l’ONU, d’une valeur supérieure à 350 millions de dollars pour le Sud.
Doté d'un budget d'un milliard de dollars, le LEAP est conçu pour passer rapidement d'une intervention d'urgence à une reprise rapide, puis à une reconstruction à long terme et résiliente au changement climatique, rappelle le Sérail. Le programme s'appuie sur des mécanismes interministériels transparents de priorisation régionale, approuvés par le Conseil des ministres et garantissant que les investissements parviendront aux communautés les mieux préparées à la reprise et à la revitalisation économique.
Le coordinateur humanitaire de l'ONU au Liban Imran Riza, le directeur régional de la BM Christophe Carrière et le représentant résident du Fonds monétaire international Federico Lima étaient notamment présents à la rencontre de mardi.
« Priorisation des besoins essentiels »
Dans son intervention, Mohammad Kabbani a souligné l’importance de « revoir » les mécanismes de reconstruction afin d’ « identifier les faiblesses et les obstacles entravant le démarrage des chantiers », tout en proposant le « remodelage des procédures pour réduire la bureaucratie ». Parmi les mesures évoquées figure « la relance de la numérisation, via la création d’un système d’archivage numérique et le lancement d’un tableau de bord interactif permettant un accès transparent à l’information ».
Le président du CDR a également évoqué le projet de soutien d’urgence au Liban, « doté d’un financement avoisinant un million de dollars et destiné à accompagner les efforts économiques du pays dans le cadre de la reconstruction ». Il a précisé que ce programme ciblera « en priorité les besoins essentiels », tout en reconnaissant « la nécessité future d’une aide supplémentaire ».
Concernant le prêt de 250 millions de dollars accordé par la Banque mondiale, M. Kabbani a rappelé que « ce montant reste inférieur au milliard de dollars initialement souhaité », ce qui a nécessité « la mise en place d’un mécanisme de priorisation ».
Le ministre des Finances Yassine Jaber a de son côté affirmé qu' « aujourd'hui l'urgence est de lancer les efforts de reconstruction pour permettre à l'État d'assumer son rôle fondamental, ce qui constitue une voie essentielle pour regagner la confiance des Libanais ». Il a insisté sur la nécessité de « mobiliser tous les efforts pour attirer les investisseurs », ajoutant que « le secteur public sera pleinement intégré dans le processus de croissance à venir ».
Le directeur régional de la BM a quant à lui indiqué que l'enveloppe d'un milliard de dollars vise à « restaurer les services de base et à reconstruire les infrastructures ». Pour soutenir ces efforts, la Banque mondiale prépare en coordination avec le gouvernement libanais « un prêt de 250 millions de dollars pour financer les deux phases principales du projet ». « Une partie de ce prêt pourra financer une étude de faisabilité pour la reconstruction des infrastructures pendant la deuxième phase du projet », a-t-il poursuivi.


et voila encore des paroles en l'air... pareilles a celles deblaterees par tt nouveau libanais nouvellement promu et/ou elu a un poste "eleve".
10 h 27, le 11 juin 2025