Le Premier ministre Nawaf Salam lors d'un discours à la Conférence sur la reconstruction du Liban tenue à l’hôtel Phoenicia, le 10 juin 2025. Photo Nabil Ismaïl / Annahar
Le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré mardi dans un discours à la Conférence sur la reconstruction du Liban, que le pays avait « démantelé plus de 500 entrepôts d'armes au Liban-Sud, renforcé la sécurité à l’aéroport international de Beyrouth, et travaillé avec les canaux diplomatiques pour mettre fin aux frappes israéliennes sur le Liban et obtenir le retrait des cinq positions » encore occupées. Autant d'étapes visant à « construire l'État », selon lui.
L'armée israélienne était entrée au Liban-Sud fin septembre, et n'en était ressortie que mi-février, à la fin de la période d'application des modalités du cessez-le-feu, à l'exception de cinq positions surélevées jugées « stratégiques » par Tel-Aviv. Beyrouth réclame quasiment quotidiennement le retrait des Israéliens, demandant à la France et aux États-Unis, garants de l'accord de trêve, d'effectuer des pressions pour ce retrait ainsi que pour l'arrêt des frappes israéliennes sur le Liban. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Liban et Israël, le 27 novembre dernier, au moins 174 personnes ont été tuées dans des frappes et tirs de l'armée israélienne en territoire libanais, selon notre décompte. L'accord de trêve réclame en outre du Liban de démanteler les infrastructures du Hezbollah et déployer l'armée libanaise au sud du Litani.
Souveraineté, confiance et retour des investisseurs
S’exprimant lors d’une conférence intitulée « Cadres d’investissement, perspectives commerciales et résolution des conflits », tenue à l’hôtel Phoenicia à Beyrouth, Nawaf Salam a souligné que « la restauration de la souveraineté de notre pays est essentielle pour rebâtir la confiance avec la communauté internationale et encourager le retour des investisseurs au Liban ».
Citant dans son discours la déclaration ministérielle de son cabinet, notamment en matière de sécurité et de monopole des armes aux mains de l'État, M. Salam a affirmé que les autorités ont « lancé des actions concrètes pour traduire leurs positions politiques en faits sur le terrain ». Dans ce contexte, « nous avons démantelé plus de 500 positions militaires et dépôts d'armes au sud du fleuve Litani », a-t-il lancé. « Nous avons également procédé à d'importantes améliorations administratives et sécuritaires à l'aéroport international de Beyrouth et sur la route de l'aéroport, notamment en luttant contre la contrebande et en arrêtant les individus ». Il a également évoqué la « mise en place de comités conjoints avec les autorités syriennes pour contrôler les frontières, lutter contre la contrebande et préparer la délimitation des frontières ». « Nous travaillons également avec la communauté internationale et les autorités syriennes pour assurer le retour des réfugiés syriens en toute sécurité et dans la dignité », a-t-il lancé. « Parallèlement, nous travaillons sans relâche par la voie diplomatique pour qu'Israël cesse ses attaques et agressions continues contre notre peuple et achève de se retirer du Liban, y compris des cinq positions qu'il occupe encore illégalement, en violation flagrante de ses engagements et du droit international », a affirmé M. Salam.
La communauté internationale, États-Unis en tête, fait pression pour que le Liban désarme le Hezbollah avant de soutenir la reconstruction du pays, dont de nombreuses régions, notamment le Sud, certaines zones de la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, ont été dévastées par des frappes israéliennes. Si le chef de l'Etat, Joseph Aoun, et M. Salam, se sont engagés à faire du « monopole des armes aux mains de l'Etat » l'une des priorités de leur mandat, et ont établi un plan pour désarmer les camps de réfugiés palestiniens dans la foulée, le Hezbollah, refuse pour l'heure de remettre son arsenal et réclame un dialogue avec les autorités.
La Banque mondiale évalue à 6,8 milliards de dollars la facture totale des dégâts dans les régions touchées par les bombardements israéliens au Liban, avec des pertes économiques estimées à 7,2 milliards de dollars. Ces estimations couvrent la période du 8 octobre 2023, date du début des hostilités entre les deux belligérants, jusqu’au 20 décembre 2024.
« Les attaques israéliennes ont détruit les infrastructures »
Le Premier ministre a également affirmé qu’il était temps « de construire l’État », une « priorité majeure de son gouvernement ». Selon lui, les fondements de sa vision reposent sur « la restauration de la souveraineté, ainsi que sur l’assurance de la sécurité et de la stabilité sur l’ensemble du territoire libanais ». Il a souligné que « les attaques israéliennes ont détruit les infrastructures et bouleversé la vie des Libanais. Pourtant, le peuple a fait preuve de ténacité et de détermination, tout comme les entreprises et les institutions, restées résilientes malgré l’effondrement. »
M. Salam, ancien président de la Cour pénale internationale, a en outre plaidé pour une « justice indépendante », estimant qu'elle est « la pierre angulaire pour faire de notre pays un centre d’arbitrage international et redéfinir son rôle dans la résolution des conflits », le rétablissement de la confiance dans le secteur bancaire et la transition numérique dans les administrations publiques.


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il etait ou lorsque cette info avait ete publiee et re-repetee il y a de cela qqs semaines ? serait un exploit parmi tant d'autres ? un peu plus de sobriete aiderait bcp
10 h 33, le 11 juin 2025