La Cour pénale internationale, dont le siège est à La Haye (Pays-Bas), en septembre 2018. Martin Bertrand/Hans Lucas /AFP
L'Union européenne « regrette profondément » les sanctions des États-Unis contre quatre magistrates de la Cour pénale internationale (CPI) et soutient « avec force » l'institution de La Haye, a souligné la Commission vendredi.
« La Commission soutient pleinement la Cour pénale internationale et ses fonctionnaires ». La CPI doit être « libre d'agir sans pression », a écrit la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, sur le réseau social X. La Cour pénale internationale est la « pierre angulaire de la justice internationale et de la lutte contre l'impunité », a ajouté devant la presse Anitta Hipper, porte-parole de la Commission. « Nous regrettons profondément la décision d'imposer des sanctions à quatre » magistrates. « Nous apporterons tout notre soutien pour assurer la protection de la Cour et de son personnel », a-t-elle poursuivi.
Washington a sanctionné jeudi quatre magistrates de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que leurs procédures visant des soldats américains ou l'exécutif israélien étaient « illégitimes » et « politisées », une initiative immédiatement réprouvée par l'institution de La Haye. Les mesures annoncées - interdiction d'entrée sur le sol américain, gel des avoirs détenus aux Etats-Unis - visent d'ordinaire des criminels ou des dirigeants politiques de pays adverses, plutôt que des magistrats.
Les magistrates visées sont Solomy Balungi Bossa et Luz del Carmen Ibanez Carranza, à l'origine d'enquêtes de la CPI sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan. Mais aussi Reine Alapini Gansou et Beti Hohler, qui ont autorisé la CPI à émettre des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé vendredi les Etats-Unis à retirer ces sanctions, se disant « profondément troublé » par ces « attaques » contre la CPI.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine