Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, lors d'une prise de parole à Genève, le 9 septembre 2024. FABRICE COFFRINI/AFP
La décision de Donald Trump de fermer le territoire américain aux ressortissants de 12 pays à partir de lundi « suscite des inquiétudes au regard du droit international », a déclaré jeudi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.
« La portée très large et générale de la nouvelle interdiction de voyager suscite des inquiétudes au regard du droit international, notamment du principe de non-discrimination et de la nécessité et de la proportionnalité des mesures déployées pour répondre aux préoccupations exprimées en termes de sécurité », a écrit Volker Türk dans un courriel transmis à l'AFP par ses services. Mais au-delà de l'annonce de la fermeture des frontières aux ressortissants de ces 12 pays et des restrictions imposées à sept autres États, le Haut-Commissaire s'inquiète du langage utilisé par le président américain, qui parle en particulier de « protéger les États-Unis face aux terroristes étrangers ».
Dans une vidéo publiée sur le réseau X, M. Trump avait été encore plus direct contre « les ressortissants étrangers qui n'ont pas été correctement contrôlés » en lâchant : « nous ne voulons pas d'eux ».
M. Türk, qui reconnaît que chaque Etat à le droit de gérer ses frontières dans le respect du droit international, juge « profondément regrettables » ces déclarations officielles « dénigrant les personnes concernées par cette mesure ». Il estime qu'elles « risquent de contribuer à la stigmatisation des ressortissants des pays concernés, tant aux États-Unis qu'ailleurs, et d'accroître leur exposition à l'hostilité et aux abus xénophobes ».
Les États-Unis empêcheront à partir de lundi les ressortissants de 12 pays d'entrer aux États-Unis, afin de « protéger » le pays, et imposeront des restrictions contre sept autres pays. Des mesures rappelant une interdiction que le président américain avait instauré sous son premier mandat.
La décision s'applique à l'Afghanistan, à la Birmanie, au Tchad, au Congo-Brazzaville, à la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l'Iran, la Libye, la Somalie, au Soudan et au Yémen, selon la Maison Blanche.
Les ressortissants de sept autres pays sont visés par des restrictions dans la délivrance de visas: le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.

