L'ancien ministre des Travaux publics, Ali Hamiyé. Photo d'archives AFP
L'ancien ministre des Travaux publics Ali Hamiyé a été nommé mardi conseiller du président Joseph Aoun pour les affaires de reconstruction, selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour
Cette nomination est notable en raison de la proximité de M. Hamiyé du Hezbollah, à un moment où le président Aoun appelle à placer toutes les armes, notamment celles du parti chiite, sous le contrôle exclusif de l’État.
La question du financement de la reconstruction fait débat, certaines parties estimant que ce n'est pas à l'État de payer vu qu'il n'a pas pris la décision d'ouvrir le front avec Israël, prise unilatéralement par le Hezbollah le 8 octobre 2023. Certains pays donateurs, dont les États-Unis, conditionnent le financement de la reconstruction au désarmement du Hezbollah dans tout le Liban et pas seulement au sud du Litani.
Le ministre des Finances Yassine Jaber avait affirmé lundi que le début du processus de reconstruction des zones dévastées par la guerre n'est pas lié à la question du monopole d’État sur les armes et donc au désarmement du Hezbollah, mais « aux réformes ». À ce sujet, il a estimé que d'ici 10 jours, le vice-gouverneur de la Banque du Liban et le Comité de supervision bancaire au sein de la banque centrale seront nommés. Le Liban s'attend à « recevoir un milliard de dollars sur les sept milliards que coûtera la reconstruction », selon lui.
Le même jour, le Premier ministre Nawaf Salam avait déclaré que « le gouvernement a besoin de plus de 7 milliards de dollars », notant que « les estimations de la Banque mondiale approchent les 14 milliards de dollars ».
En avril dernier, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, avait souligné que le Liban avait « été clairement informé qu’aucune aide internationale ni aucun processus de reconstruction ne seraient engagés sans un contrôle exclusif des armes par l’État, tant au nord qu’au sud du Litani ».

