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Lieux juifs aspergés de peinture à Paris: une opération de déstabilisation venue de l'étranger envisagée

Le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah, à Paris, en 2022. Sandrine Marty/Hans Lucas/AFP

L'interpellation lundi de trois étrangers soupçonnés d'avoir aspergé de peinture verte le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant juif à Paris, dans la nuit de vendredi à samedi, laisse entrevoir la piste d'une opération de déstabilisation, à l'instar de celle des « mains rouges » en mai 2024.

« Dès le départ, nous avons pensé à une opération de cet ordre, compte tenu des similitudes avec le mode opératoire » utilisé pour les tags « mains rouges » sur le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, l'an dernier, a confié à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le lieu des interpellations n'a pas été précisé, mais selon une source proche du dossier les trois ressortissants étrangers étaient en train de quitter la France au moment de leur arrestation.

Les faits avaient été découverts par des policiers lors de leur patrouille samedi matin vers 05H15 (03H15 GMT) et l'enquête avait été confiée par le parquet de Paris à la Sûreté territoriale pour « dégradations commises en raison de la religion ».

Les images de vidéosurveillance du Mémorial ont montré une personne vêtue de noir en train de taguer vers 04H30. Un homme vêtu de sombre a également été filmé par une caméra de surveillance de la synagogue des Tournelles, peu avant 04H00. Et les images de deux hommes (l'un aspergeant de la peinture, l'autre le filmant) ont été captées par une caméra de surveillance de la seconde synagogue du 4e arrondissement, celle de la rue Pavée (Agoudas Hakehilos).

Un pot de peinture verte entamé avait été retrouvé devant le restaurant, et une autre synagogue, cette fois dans nord-est de la capitale, avait elle aussi été aspergée.

Pochoirs sans revendication

Aucun message ni revendication n'a été découvert sur les différents lieux pris pour cible, ce qui rappelle les « mains rouges » taguées sur le mur des Justes, au Mémorial de la Shoah, en mai 2024.

De même, à l'époque les auteurs avaient été filmés par les caméras de vidéosurveillance du Mémorial.

Dans cette affaire, trois Bulgares, soupçonnés de les avoir peintes, avaient été inculpés et placés en détention provisoire en fin d'année dernière.

Ces tags de « mains rouges », symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, avaient été analysés par les services de sécurité comme une opération d'ingérence de la part de russophones.

« Mains rouges », cercueils ou étoiles de David... 2024, année des Jeux olympiques de Paris, a été ponctuée d'apparition de ces pochoirs sans revendication, sur les murs de la capitale principalement.

Des Moldaves et des Bulgares notamment, tous originaires de l'ancien bloc soviétique, ont été identifiés et interpellés rapidement, les uns en tentant de fuir à l'étranger, les autres après remise à la France par leur pays d'origine. Certains ont expliqué avoir été payés quelques dizaines d'euros par des commanditaires inconnus.

Mais pour les autorités françaises, peu de doute, il s'agissait d'opérations de déstabilisation orchestrées par la Russie, accusée de vouloir diviser la société française et de semer le chaos.

Les dégradations à la peinture verte de samedi à Paris ont immédiatement été condamnées par le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau, la maire de Paris Anne Hidalgo et l'ensemble du spectre politique. Depuis Israël, le président israélien Isaac Herzog s'est dit « consterné ».

« Horrifiée » par cette « attaque antisémite coordonnée », l'ambassade d'Israël en France a relevé les tensions entre les deux pays actuellement à propos de la situation à Gaza.

« Nous ne pouvons ignorer », a-t-elle écrit dans un communiqué, « la discorde problématique observée ces deux dernières semaines chez certains dirigeants et élus ».


L'interpellation lundi de trois étrangers soupçonnés d'avoir aspergé de peinture verte le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant juif à Paris, dans la nuit de vendredi à samedi, laisse entrevoir la piste d'une opération de déstabilisation, à l'instar de celle des « mains rouges » en mai 2024.« Dès le départ, nous avons pensé à une opération de cet ordre, compte tenu des similitudes avec le mode opératoire » utilisé pour les tags « mains rouges » sur le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, l'an dernier, a confié à l'AFP une source proche de l'enquête.Le lieu des interpellations n'a pas été précisé, mais selon une source proche du dossier les trois ressortissants étrangers étaient en train de quitter la France au moment de leur arrestation.Les faits avaient été découverts...