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L'Assemblée unanime pour élever Alfred Dreyfus au rang de général


Vue de l'Assemblée nationale française, lors d'une réunion en 2022. AFP

Les députés français ont approuvé lundi à l'unanimité une proposition de loi visant à élever au rang de général Alfred Dreyfus, un « acte de réparation » visant à parachever sa réhabilitation, 130 ans après sa condamnation.

Cet officier juif (1859-1935) fut condamné à tort à la fin du XIXe siècle pour avoir soi-disant aidé l'Allemagne à espionner la France, avant d'être réhabilité. « L'affaire Dreyfus » devint un symbole en France de la lutte contre l'antisémitisme.

Le texte, qui prévoit d'élever Alfred Dreyfus au rang de général de brigade, le premier grade de la hiérarchie des généraux, a été adopté par l'ensemble des 197 députés présents. Il doit poursuivre son parcours au Sénat.

« Par notre vote, la République va réparer une erreur, celle que l'officier Dreyfus dut subir en 1906 », alors même qu'il avait été innocenté, lors de l'adoption d'une loi qui « ne le réintégra pas au grade qui lui revenait de droit », a affirmé dans son propos introductif le rapporteur, le député du Bas-Rhin (nord-est) Charles Sitzenstuhl, issu du camp présidentiel.

Un « geste (...) d'autant plus significatif » qu'il intervient dans un contexte « où les actes de haine antisémites connaissent une inquiétante progression », a souligné la ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, Patricia Mirallès.

Il s'agit d'un « acte de réparation », avait résumé l'ex-Premier ministre Gabriel Attal, à l'origine de la proposition de loi, dans l'exposé des motifs du texte.

En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est condamné pour trahison et contraint à l'exil sur l'île du Diable en Guyane, sur la base de fausses accusations alimentées par un antisémitisme très ancré dans la société française de la fin du XIXe siècle.

En 1906, un arrêt de la Cour de cassation l'innocente, entraînant sa réintégration dans l'armée. Dans la foulée, une loi le nomme chef d'escadron, l'équivalent du grade de commandant, avec effet le jour de la promulgation de la loi.

« Reconstitution de carrière complète »

Une « injustice » car « la réintroduction du capitaine Dreyfus au grade de chef d'escadron ne correspond pas à une reconstitution de carrière complète », selon M. Sitzenstuhl. Alfred Dreyfus demandera lui-même à voir sa carrière revalorisée, sans obtenir gain de cause, et quittera l'armée en 1907, avant de servir à nouveau pendant la Première Guerre mondiale.

La question de sa réhabilitation pleine et entière « a été longtemps occultée et ignorée, en dehors de sa famille et des spécialistes de l'Affaire », note M. Sitzenstuhl.

Un pas est franchi en 2006, lors d'un hommage de la Nation en son honneur: le président français d'alors, Jacques Chirac, reconnaît que « justice (ne lui) a pas complètement été rendue » et qu'il n'a pu bénéficier de « la reconstitution de carrière à laquelle il avait pourtant droit ».

En 2021, l'actuel président français Emmanuel Macron a estimé qu'il revenait « sans doute à l'institution militaire, dans un dialogue avec les représentants du peuple français », de nommer Alfred Dreyfus général à titre posthume.

Les députés français ont approuvé lundi à l'unanimité une proposition de loi visant à élever au rang de général Alfred Dreyfus, un « acte de réparation » visant à parachever sa réhabilitation, 130 ans après sa condamnation.Cet officier juif (1859-1935) fut condamné à tort à la fin du XIXe siècle pour avoir soi-disant aidé l'Allemagne à espionner la France, avant d'être réhabilité. « L'affaire Dreyfus » devint un symbole en France de la lutte contre l'antisémitisme.Le texte, qui prévoit d'élever Alfred Dreyfus au rang de général de brigade, le premier grade de la hiérarchie des généraux, a été adopté par l'ensemble des 197 députés présents. Il doit poursuivre son parcours au Sénat.« Par notre vote, la République va réparer une erreur, celle que l'officier Dreyfus...