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Politique - Conseil Des Ministres

Nominations administratives : un nouveau signal positif à la communauté internationale

Le cabinet désigne les membres du CDR et le nouveau directeur général d’Ogero.

Nominations administratives : un nouveau signal positif à la communauté internationale

Le président de la République, Joseph Aoun, prenant le déjeuner avec le chef du gouvernement et les ministres en marge de la séance gouvernementale à Baabda, le 29 mai 2025. Photo fournie par la présidence de la République

Le nouveau pouvoir vient de réussir (encore) un test politique. Réuni jeudi à Baabda sous la houlette du président de la République, Joseph Aoun, le Conseil des ministres a adopté, conformément aux attentes, un train de nominations administratives, notamment au niveau du ministère des Finances et du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). La démarche du gouvernement illustre sa détermination à émettre des signaux positifs en direction de la communauté internationale et des bailleurs de fonds. D’autant que ces derniers exercent un forcing pour que le processus de réformes se poursuive, au point d’en faire une condition pour financer la reconstruction au Liban-Sud. Cette fois-ci donc, les nominations administratives sont passées comme une lettre à la poste… ou presque, certains ministres ayant formulé des « objections de forme », sans pour autant bloquer le processus, selon une source proche de Baabda.

Tout le monde en convient : la formation du CDR est l’une des principales demandes de la communauté internationale. Deux semaines après en avoir nommé le nouveau président, Mohammad Kabbani (sunnite, à ne pas confondre avec l’ancien député homonyme), le gouvernement a nommé Youssef Karam (maronite) et Ibrahim Chahrour (chiite) vice-présidents du CDR. Quant à Ghassan Khairallah (grec-orthodoxe), il en sera le secrétaire général. Pour compléter le tableau, le cabinet a nommé Houssam Itani (sunnite), Georgio Kallas (grec-catholique) et Firas Abou Diab (druze) nouveaux membres (non cadrés) du CDR. De son côté, Ziad Nasr a été désigné commissaire du gouvernement auprès du conseil.

Au-delà de pourvoir aux postes vacants du CDR, l’adoption de ces nominations vient mettre fin à une polémique suscitée récemment dans les milieux politiques et médiatiques autour du mécanisme suivi dans ce cadre. Le ministre de l’Industrie, Joe Issa-el-Khoury (Forces libanaises), avait, lors de la dernière séance gouvernementale, formulé des réserves quant aux critères adoptés pour nommer certains candidats, en arguant du fait que les ministres « n’ont pas pris connaissance des CV » des postulants. À cela s’ajoute le fait que les noms de certains candidats avaient fuité dans les médias, suscitant des interrogations sur la transparence du gouvernement à ce niveau.

Interrogé à ce sujet par L’Orient-Le Jour, le ministre d’État pour le Développement administratif, Fadi Makki, explique que les choix pour lesquels a opté le Conseil des ministres sont le fruit d’un processus en trois phases. « Dans un premier temps, nous effectuons un filtrage des candidats ayant postulé », souligne le ministre, faisant valoir que dans un deuxième temps, certains sont sélectionnés pour une entrevue (avec un comité incluant notamment des représentants du ministère concerné, de celui d’État pour le Développement administratif et du Conseil de la fonction publique). Cette commission procède à une sorte d’évaluation des candidats. « Et ceux qui obtiennent les meilleures notes sont qualifiés pour la phase finale, celle du choix en Conseil des ministres », dit M. Makki avant de préciser : « Lors de cette dernière étape, le cabinet peut nommer une personne qui n’a pas nécessairement obtenu la meilleure note », dit-il. Il s’agit donc d’une façon de permettre au Conseil des ministres d’exercer son pouvoir discrétionnaire sur ce plan. Sur un autre registre, le Conseil des ministres a titularisé Georges Maarraoui à son poste de directeur général du ministère des Finances. Il a également nommé le nouveau directeur général d’Ogero, Ahmad Oueidate, à la suite de la démission de son ancien PDG Imad Kreidiyé sur fond de polémique le concernant. 

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Le cabinet a aussi approuvé le point relatif aux subventions financières pour les militaires en exercice (14 millions de livres libanaises, soit 156 dollars) et à la retraite (12 millions de livres libanaises, soit 134 dollars), qui seront versées à partir du 1er juillet. Réagissant à ces décisions, le ministre de la Défense, Michel Menassa, lui-même un ancien officier de l’armée, a espéré qu’« il y a aura plus d’aides lorsque la situation économique sera meilleure, en accord avec les sacrifices des militaires en exercice et à la retraite ».

Aides financières et armes palestiniennes

Prenant la parole au début de la séance, Joseph Aoun a annoncé un voyage en Irak programmé pour le 1er juin. Il sera suivi par un déplacement en Jordanie dix jours plus tard. Le chef de l’État a par ailleurs dénoncé « les infractions israéliennes qui se poursuivent au Liban ». Il s’est toutefois félicité du fait que les frappes de l’État hébreu n’ont pas empêché les électeurs du Liban-Sud de se rendre aux urnes lors des élections municipales. Il a également déclaré que les Palestiniens sont « prêts à mettre en application la décision de retirer les armes des camps des réfugiés », affirmant que le processus sera mis sur les rails à partir du 16 juin dans les trois camps beyrouthins (Sabra et Chatila, Mar Élias et Bourj Brajné). « Et si le procédé porte ses fruits, nous passerons aux autres camps », a indiqué le chef de l’État. « Cette procédure sera appliquée conformément à l’agenda établi avec les responsables dans les camps contrôlés par l’Organisation de libération de la Palestine », a précisé à ce sujet Nawaf Salam, excluant, dans le même temps, toute mésentente avec le Hamas ou les autres factions palestiniennes présentes dans les camps de Beyrouth.

Le nouveau pouvoir vient de réussir (encore) un test politique. Réuni jeudi à Baabda sous la houlette du président de la République, Joseph Aoun, le Conseil des ministres a adopté, conformément aux attentes, un train de nominations administratives, notamment au niveau du ministère des Finances et du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). La démarche du gouvernement illustre sa détermination à émettre des signaux positifs en direction de la communauté internationale et des bailleurs de fonds. D’autant que ces derniers exercent un forcing pour que le processus de réformes se poursuive, au point d’en faire une condition pour financer la reconstruction au Liban-Sud. Cette fois-ci donc, les nominations administratives sont passées comme une lettre à la poste… ou presque, certains ministres ayant...
commentaires (3)

Nominations communautaristes sans lecture de CV ... les compétences restent secondaires dans cette structure d'Etat dirigé (indirectement) par des religieux. L'Etat laïc est la condition nécessaire pour aller de l'avant et arrêter clientélisme et corruption.

Fredo

19 h 52, le 30 mai 2025

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Commentaires (3)

  • Nominations communautaristes sans lecture de CV ... les compétences restent secondaires dans cette structure d'Etat dirigé (indirectement) par des religieux. L'Etat laïc est la condition nécessaire pour aller de l'avant et arrêter clientélisme et corruption.

    Fredo

    19 h 52, le 30 mai 2025

  • encore un exploit !!!

    L’acidulé

    10 h 08, le 30 mai 2025

  • que d'exploits !

    L’acidulé

    09 h 16, le 30 mai 2025

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