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Dernières Infos - Yémen

Des frappes israéliennes détruisent le dernier avion de l'aéroport de Sanaa


Des Yéménites lors d'un sit-in de solidarité avec les Palestiniens à Sanaa, le 23 mai 2025. Photo Mohammed HUWAIS / AFP

Des frappes israéliennes ont détruit mercredi le dernier avion de l'aéroport de Sanaa, contrôlé par les rebelles houthis, selon leurs médias et des responsables israéliens, plusieurs semaines après une attaque ayant gravement endommagé l'aéroport, qui avait dû fermer temporairement.

« L'ennemi israélien a mené quatre frappes sur l'aéroport de Sanaa, visant la piste d'atterrissage et un avion de la compagnie aérienne yéménite », ont rapporté les médias des rebelles, Al-Massirah TV et l'agence Saba.

Une épaisse fumée noire s'échappait d'un avion immobilisé sur le tarmac, selon une vidéo publiée sur X par le directeur de l'aéroport, Khaled al-Shaïef, qui a affirmé qu'il s'agissait du dernier appareil opérationnel de la compagnie Yemenia.

L'aéroport de Sanaa, qui n'accueille depuis 2022 qu'une liaison de la compagnie nationale Yemenia avec Amman, ainsi que des vols humanitaires opérés par l'ONU, avait déjà été visé par des frappes israéliennes dans la nuit du 6 au 7 mai, qui avaient détruit six avions.

Les autorités houthies avaient alors affirmé que le terminal avait été « complètement détruit », avant d'annoncer la reprise des vols vers la Jordanie une dizaine de jours plus tard.

Les houthis, qui contrôlent de larges pans du pays et sont soutenus par l'Iran, ont mené des dizaines d'attaques de missiles et de drones contre Israël depuis le début de la guerre entre l'armée israélienne et le Hamas dans la bande de Gaza, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens.

« Situation fragile » 

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait annoncé plus tôt que l'armée de l'air avait frappé des « cibles terroristes » à l'aéroport de Sanaa, au lendemain de tirs sur le territoire israélien revendiqués par ces insurgés soutenus par l'Iran.

Les avions de la Yemenia servaient, selon l'armée israélienne, à « transporter des terroristes qui menaient des opérations contre l'Etat d'Israël ».

Selon un communiqué de la compagnie Yemenia, l'avion touché s'apprêtait à embarquer des fidèles musulmans en partance pour le pèlerinage annuel du hajj à La Mecque, en Arabie saoudite.

« La frappe d'aujourd'hui sur l'aéroport de Sanaa et la destruction d'un avion civil yéménite privent de nombreux Yéménites d'un moyen essentiel de quitter le pays », a affirmé mercredi l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg.

Il a dénoncé « la confrontation militaire en cours entre Ansarallah (nom officiel des houthis) et Israël qui aggrave une situation très fragile au Yémen et dans la région ».

En novembre 2023, le houthis ont commencé à viser des navires qu'ils estiment liés à Israël au large du Yémen, notamment en mer Rouge, par où transite environ 12% du commerce mondial.

En réponse, les Etats-Unis ont mis en place une force maritime internationale pour sécuriser la zone et lancé une campagne aérienne contre les rebelles début 2024.

Les bombardements américains se sont intensifiés à partir de mars 2025, faisant des centaines de morts selon les houthis, avant qu'un cessez-le-feu ne soit annoncé par le président Donald Trump le 6 mai.

L'Iran accusé 

L'armée israélienne a également bombardé les positions des Houthis à plusieurs reprises, faisant 33 morts, d'après un décompte de l'AFP basé sur les annonces des rebelles.

Mardi, les Houthis ont revendiqué deux attaques contre Israël, où l'armée a dit avoir intercepté un missile et un autre « projectile » en provenance du Yémen.

Selon le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, les frappes de mercredi répondent à « un principe simple: quiconque nous nuit, nous lui nuirons ».

« Ceux qui ne comprennent pas cela par la force, le comprendront par encore plus de force », a-t-il dit dans un communiqué, accusant une nouvelle fois l'Iran d'être derrière ces attaques.

« Les houthis ne sont que le symptôme. La principale puissance derrière eux est l'Iran, et elle est responsable de l'agression venant du Yémen », a-t-il déclaré.

Téhéran a toujours nié fournir des armes aux rebelles yéménites.

Alors que les houthis continuent leurs frappes contre Israël, le mouvement islamiste palestinien Hamas a qualifié les frappes israéliennes de mercredi d' »attaque barbare » et appelé à une « action arabe et internationale urgente ».

L'aéroport de Sanaa a repris une activité très limitée en 2022 à la faveur d'une trêve conclue entre les houthis et le gouvernement yéménite, soutenu depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays le plus pauvre de la péninsule arabique dans l'une des pires crises humanitaires au monde. 

Des frappes israéliennes ont détruit mercredi le dernier avion de l'aéroport de Sanaa, contrôlé par les rebelles houthis, selon leurs médias et des responsables israéliens, plusieurs semaines après une attaque ayant gravement endommagé l'aéroport, qui avait dû fermer temporairement. « L'ennemi israélien a mené quatre frappes sur l'aéroport de Sanaa, visant la piste d'atterrissage et un avion de la compagnie aérienne yéménite », ont rapporté les médias des rebelles, Al-Massirah TV et l'agence Saba. Une épaisse fumée noire s'échappait d'un avion immobilisé sur le tarmac, selon une vidéo publiée sur X par le directeur de l'aéroport, Khaled al-Shaïef, qui a affirmé qu'il s'agissait du dernier appareil opérationnel de la compagnie Yemenia.L'aéroport de Sanaa, qui n'accueille depuis 2022 qu'une liaison de la...