Des drapeaux de l'Union européenne devant le siège de la Commission à Bruxelles, le 18 mars 2025. Photo REUTERS/Yves Herman/File Photo
Les pays de l'Union européenne ont définitivement adopté mardi un accord de principe pour faciliter leurs achats en commun d'armement, dans le cadre d'un programme européen doté de quelque 150 milliards d'euros, a indiqué le Conseil de l'UE.
Ce dernier, baptisé « Safe », prévoit des prêts de 150 milliards d'euros pour financer, en commun, des achats et des projets d'armement dans les domaines où l'offre européenne reste insuffisante, comme la production de missiles, de munitions, de drones ou encore les systèmes de défense anti-aérienne. La décision, approuvée la semaine dernière par les ambassadeurs des 27, a été adopté définitivement par les ministres des Affaires européennes de l'UE, réunis à Bruxelles, a précisé la présidence polonaise du Conseil, instance qui rassemble les États membres.
« Ce n'est qu'une étape et il faudra aller plus loin », s'est félicité le ministre délégué français chargé de l'Europe Benjamin Haddad.
Il est d'ores et déjà prévu que plusieurs pays non membres de l'UE puissent y participer, comme la Norvège ou l'Ukraine, car signataires d'un partenariat de défense et de sécurité. La Grande-Bretagne et l'UE ont signé la semaine dernière à Londres un accord de partenariat similaire, qui permettra, après d'ultérieures négociations, à Londres d'être pleinement intégré à ce programme européen. Il s'agit d'un élément important compte tenu de l'accent qui a été mis sur la nécessité d'encourager l'industrie de défense européenne alors que la majorité des achats actuels d'armement par les pays de l'UE se font hors d'Europe, essentiellement aux États-Unis.
Défendu par plusieurs États membres, dont la France, ces projets devront ainsi être majoritairement réalisés par l'industrie de défense européenne, à hauteur de 65% des composants. Le reste pourra provenir de pays non membres du programme Safe, comme les Etats-Unis, à hauteur de 35%. Dans le souci d'éviter qu'un pays tiers ne puisse contrôler à distance l'armement produit grâce à l'un de ses composants, une autorité centrale sera chargée de s'assurer que cela restera impossible. L'idée est par exemple d'empêcher que le fabricant américain d'un logiciel intégré à un drone européen, développé grâce à ce programme « Safe », ne puisse être contrôlé à distance depuis les États-Unis, a-t-on expliqué de source européenne. « Safe » fait partie d'un programme plus global présenté fin mars par la Commission européenne, qui ambitionne de mobiliser jusqu'à 800 milliards d’euros pour réarmer le continent européen.


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