Le président du Parlement Nabih Berry lors d'une session plénière de la Chambre à Beyrouth, le 15 mai 2025. Photo Ali Fawaz / Parlement libanais
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a déploré dans un entretien à la presse publié mardi qu' « aucune mesure concrète » n'a été mise en place pour mettre fin aux attaques israéliennes contre le Liban, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre, estimant que seuls les Américains peuvent obliger l'Etat hébreu à respecter les modalités de cette trêve.
Dans une interview au média al-Joumhouriya, M. Berry a affirmé que « l’augmentation de la pression et des attaques » contre le Liban ne fait « que renforcer la détermination des Libanais à résister ». Une déclaration qui fait écho à celle faite dimanche soir par Naïm Kassem, le secrétaire général du Hezbollah, allié du mouvement Amal dirigé par le chef du Législatif. « Nous sommes plus déterminés que jamais à libérer nos terres occupées par l’ennemi israélien », a-t-il lancé.
Entré en vigueur le 27 novembre 2024, l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah obligeait l'armée israélienne à se retirer du Liban-Sud et le déploiement de l’armée libanaise et des Casques bleus exclusivement dans la région, ainsi que le démantèlement des infrastructures du Hezbollah et son retrait au nord du Litani, dans le respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, cet accord n’est pas respecté par l’armée israélienne, qui continue d'occuper au moins cinq positions le long de la frontière, en territoire libanais et de mener des frappes quasi-quotidiennes. Dans la nuit de lundi, l'armée israélienne a mené une incursion dans la région de Meis el-Jabal (dans le caza de Marjeyoun), afin d'y construire un remblais de terre, qui a été retiré dans la journée par l'armée libanaise. Le Hezbollah revendique quant à lui une seule violation de l’accord : un tir d’obus dans les collines de Kfarchouba le 2 décembre 2024.
« Notre position est ferme en ce qui concerne le respect de l’accord de cessez-le-feu et les dispositions de la résolution 1701 », a encore affirmé M. Berry, qui a déploré « qu'aucune mesure concrète n'a été prise pour arrêter les attaques israéliennes sur le Liban ». Dans ce cadre, il a estimé indispensable que l’administration américaine prenne les mesures nécessaires « pour contraindre » l’État hébreu au respect du cessez-le-feu. « Cela doit se produire avant toute autre chose », a-t-il insisté. En amont de sa visite début mai, l’envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient Morgan Ortagus avait exhorté les autorités libanaises à ne pas blâmer Israël pour son non-respect de l’accord du cessez-le-feu tant que les tirs vers l’État hébreu se poursuivaient. Outre le tir d'obus de mortier du Hezbollah début décembre, deux autres tirs de projectiles ont été signalés du Liban-Sud, qui n'ont pas été revendiqués, mais pour lesquels l'armée libanaise a arrêté plusieurs suspects liés au Hamas.
L’entretien avec le président du Parlement a eu lieu dans un contexte d’anticipation de la prochaine visite de Mme Ortagus à Beyrouth. Une visite pour laquelle M. Berry précise ne pas avoir de calendrier définitif.



plus le President Aoun les menage, plus berry et eux en exigent ! a t il raison de ce faire ?
10 h 36, le 29 mai 2025