Le Premier ministre libanais Nawaf Salam à Baabda, le 29 janvier 2025. Photo tirée du compte X de la présidence de la République
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a une nouvelle fois exprimé lundi l’espoir de voir les touristes et les investisseurs arabes revenir au Liban après des années d’éloignement, estimant que le pays multipliait les efforts pour leur donner de bonnes raisons de le faire.
« Les frères arabes et nos amis dans le monde avaient perdu confiance dans le Liban. Nous travaillons jour et nuit pour regagner la confiance du monde arabe, en espérant qu’ils reviendront vers nous comme le Liban est revenu vers eux », a-t-il déclaré dans un entretien à Sky News Arabia. « Avec le soutien de nos frères arabes et de nos amis internationaux, nous serons mieux armés pour réussir », a ajouté le chef du gouvernement, soulignant que « la région a assez souffert de la polarisation irano-américaine ». Il a dans la foulée estimé que « l'ère de l'exportation de la révolution iranienne est révolue », soulignant la nécessité de « normaliser les relations avec les pays arabes ».
Signe d'une approbation des propos de M. Salam, notamment sur la révolution iranienne, l'émissaire américaine Morgan Ortagus a partagé sur son compte X le poste d'un internaute qui reprenait cette phrase.
Parallèlement à cet entretien, le chef du gouvernement a déclaré à l’issue d’une réunion tenue au Grand Sérail avec des représentants du Fonds d’Abou Dhabi pour le développement que son gouvernement concentrait ses efforts sur la « mobilisation du soutien nécessaire à la reconstruction », tout en réaffirmant la « décision claire du Liban de revenir dans le giron arabe ». Il a précisé que cette rencontre avait permis de « présenter en détail le plan de son cabinet à cet égard ».
Sur les armes et la paix
L’arrivée du tandem Aoun-Salam aux affaires a mis fin à plus de deux ans de vacance présidentielle et à la reconduction du gouvernement démissionnaire de Nagib Mikati, sur fond de tensions politiques et de guerre entre Israël, allié des États-Unis, et le Hezbollah, soutenu par l'Iran. Alors que les combats ont cessé après l’entrée en vigueur d’une trêve imparfaite fin novembre, le nouveau pouvoir s’est également fixé pour priorité le lancement des réformes attendues pour remédier à la crise, ainsi que le rétablissement du monopole de l’État sur les armes, impliquant le désarmement des milices, à commencer par le Hezbollah et les camps palestiniens.
« Nous ne resterons pas silencieux face à la présence de toute arme détenue en dehors de l’autorité de l’État », a assuré le chef du gouvernement, se disant confiant que « la majorité du peuple libanais soutient cette position ». Le parti chiite est sorti considérablement affaibli du dernier conflit avec Israël déclenché le 8 octobre 2023, au lendemain de la guerre de Gaza. La trêve repose sur la résolution 1701, qui impose son désarmement, bien qu’il y résiste encore.
S’agissant des camps palestiniens, un mécanisme a été mis en place vendredi dernier pour organiser leur désarmement, qui se fera de manière progressive à partir de la mi-juin. L’ensemble du processus repose sur un accord entre les autorités libanaises et les factions palestiniennes. Pour Nawaf Salam, « le danger que représentent les armes dans les camps réside dans le risque d'alimenter une discorde interpalestinienne ». Il a estimé que « la force de la Palestine ne réside plus dans les armes, mais dans sa reconnaissance internationale et l’action diplomatique ».
Évoquant les quolibets et les chants pro-Hezbollah qui l'avaient qualifié vendredi de « sioniste » à la Cité sportive Camille Chamoun, Nawaf Salam a assuré que ces slogans ne l’avaient pas affecté, ajoutant que « les accusations de traîtrise deviennent des armes politiques au Liban ». Le Premier ministre a dans cadre exprimé sa « tristesse face à l’occupation (israélienne) d’une partie du Liban ». L’armée de l’État hébreu occupe encore cinq positions au Liban-Sud et bombarde régulièrement cette région ainsi que la Békaa, malgré la trêve. Sur le sujet d’une possible paix entre le Liban et Israël, Nawaf Salam a dit : « Nous sommes des partisans de la paix, mais nous voulons une paix juste et durable. »
Le chef du gouvernement a enfin évoqué l’approche privilégiée par son cabinet, qui a récemment franchi le cap des 100 jours. « Ma force réside dans la restauration de la confiance du peuple envers l’État. Mon projet est de reconstruire l’État. Ce qui nous importe, c’est la confiance du peuple, non la satisfaction des cercles proches. Je suis conscient qu’il existe des intérêts profondément enracinés, et nous les affrontons », a-t-il lancé. « Nous cherchons à placer le pays sur une nouvelle trajectoire. Je ne peux pas prédire où nous arriverons, mais nous sommes certainement sur une nouvelle voie », a-t-il poursuivi. Il a affirmé que « le gouvernement actuel a accompli ce qu’aucun autre n’a réalisé en dix ans ».



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17 h 00, le 27 mai 2025