Des hommes passent devant une voiture incendiée à Tripoli le 14 mai 2025, à la suite de nouveaux affrontements dans la capitale libyenne. Photo par Mahmud Turkia / AFP
Un policier a été tué lors d'une « tentative d'assaut » de manifestants contre le siège du gouvernement de Tripoli, ont annoncé des sources officielles, sur fond de regain de tensions vendredi soir dans la capitale libyenne.
Le gouvernement d'unité nationale basé à Tripoli a annoncé dans un communiqué « la mort d'un policier pris pour cible alors qu'il sécurisait le bâtiment du cabinet du Premier ministre ». « Il a été abattu par des inconnus et a succombé à ses blessures », selon le communiqué. L'exécutif a dit avoir « déjoué une tentative d'assaut du bâtiment menée par un groupe mêlé à des manifestants », qui a tenté d'y mettre le feu avec des cocktails molotov. Sur des vidéos non authentifiées par l'AFP, on voit des jeunes se disperser en courant ou se mettre à l'abri derrière un muret, à proximité du siège du gouvernement, pendant que résonnent des tirs à l'arme automatique.
Auparavant, des milliers de manifestants s'étaient réunis non loin de là et dans le calme, sur la Place des martyrs au centre de Tripoli pour protester contre le gouvernement d'Abdelhamid Dbeibah, réclamant sa démission. Dans son communiqué, le gouvernement a remercié le ministère de l'Intérieur pour « son grand professionnalisme dans la sécurisation de la manifestation et pour avoir assuré la sécurité des participants ».
Avant la protestation, la Mission de l'ONU en Libye avait appelé les autorités à respecter « le droit des citoyens à manifester pacifiquement ». Les habitants de Tripoli ont repris une activité presque normale vendredi après des affrontements très violents ces derniers jours entre groupes armés au coeur de la capitale ayant fait au moins 8 morts, selon des chiffres de l'ONU. Mais la situation reste très mouvante sur le plan politique. Les médias locaux ont fait état, après l'importante manifestation en centre ville, de la démission de six ministres et vice-ministres du gouvernement Dbeibah, dont deux (Gouvernance locale et Habitat) ont confirmé leur départ dans une vidéo.
Khaled el-Mechri, président du Haut conseil d'Etat, sorte de Sénat, un personnage qui ne fait pas l'unanimité dans le camp de l'ouest libyen, a invité Aguila Saleh le président du Parlement, basé à l'Est, à discuter pour « désigner un nouveau chef de gouvernement temporaire ». Minée par les divisions depuis la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux exécutifs parallèles: celui de M. Dbeibah dans l'ouest reconnu par l'ONU, et un autre dans l'est affilié au maréchal Khalifa Haftar.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine