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Politique - Diplomatie

« Nous sommes revenus aux Arabes et nous voulons que les Arabes reviennent à nous », lance Aoun avant sa visite au Koweït

Pour le président libanais, le pays « n'a pas besoin de dons, mais d'investissements », notamment en ce qui concerne l'électricité et les infrastructures portuaires et aéroportuaires.

« Nous sommes revenus aux Arabes et nous voulons que les Arabes reviennent à nous », lance Aoun avant sa visite au Koweït

Le président de la République, Joseph Aoun, lors d'une interview à la télévision koweïtienne. Photo tirée du compte X de la présidence

Peu avant son départ pour le Koweït, le président libanais Joseph Aoun a déclaré samedi, dans un entretien télévisé, que le Liban « est revenu aux Arabes, et nous voulons que les Arabes reviennent à nous », alors que le rétablissement de la confiance des pays du Golfe fait partie des priorités annoncées des autorités depuis l'élection du nouveau chef de l'État. Une volonté assortie d'un travail diplomatique et de visites qui semblent commencer à porter leurs fruits, notamment avec la levée, depuis le 7 mai, de l'interdiction de voyager au Liban des Emiratis.

Ces dernières années, les pays du Golfe ont, à plusieurs reprises, coupé leurs relations diplomatiques ou commerciales avec le Liban. Une de ces crises, en 2021, avait notamment été initiée par des déclarations de l'ancien ministre de l'Information, Georges Cordahi, sur l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et leur soutien au gouvernement yéménite dans sa guerre contre les rebelles houthis. La diplomatie saoudienne avait ensuite dénoncé la mainmise du Hezbollah et de l'Iran sur le gouvernement, en pleines tensions entre Téhéran et Riyad. Quelques mois plus tôt, l'Arabie saoudite avait suspendu tous les échanges commerciaux après qu'une cargaison de millions de pilules de l'amphétamine captagon avait été retrouvée dans un port saoudien, dans des fruits (grenades) venues du Liban.

Mais l'arrivée au pouvoir de Joseph Aoun, et la formation du gouvernement de Nawaf Salam, dans la foulée de l'affaiblissement du Hezbollah après sa guerre avec Israël, semblent changer la donne. MM. Aoun et Salam ont notamment été accueillis avec honneur en Arabie saoudite. Le chef de l’État a également été reçu à Doha et Abou Dhabi.

Dans une interview accordée à la télévision koweïtienne, Joseph Aoun a exprimé sa volonté de renforcer la coopération diplomatique avec le Koweït, de relancer les dossiers économiques et de développement, et d’encourager les investisseurs et touristes koweïtiens à revenir au Liban. Il a également souligné « les relations historiques positives entre le Koweït et le Liban », assurant que « les difficultés traversées par le pays appartiennent désormais au passé ».

« Rebâtir des ponts de confiance »

Au sujet des relations entre Beyrouth et les pays du Golfe, le chef de l'État a affirmé que Koweït, qui préside actuellement le Conseil de coopération du Golfe (CCG), pourrait jouer un rôle catalyseur. « Nous avons traversé une période de tensions, et nous tendons désormais la main pour rebâtir des ponts de confiance. Le Liban est revenu aux Arabes et nous espérons que les Arabes reviendront au Liban », a-t-il lancé, espérant que cette monarchie du Golfe pourra « contribuer à rétablir la confiance » entre le Liban et les autres pays de la région.

Le président Aoun a en outre détaillé les secteurs dont le redressement est considéré comme prioritaire pour le Liban, tels que l'énergie, les infrastructures portuaires et aéroportuaires, ainsi que l'électricité. Il a insisté sur la nécessité de réactiver la coopération diplomatique et économique, notamment à travers l’investissement dans des projets de développement suspendus ou inachevés. « Le Liban n’a pas besoin de dons, mais d’investissements », a-t-il martelé, ajoutant avoir « toute confiance dans notre capacité à nous accorder avec l'émir du Koweït cheikh Mechaal al-Ahmad al-Jaber Al-Sabah sur la participation de son pays à plusieurs projets clés. »

Sur le plan interne, M. Aoun a réaffirmé que « la décision de confier le monopole des armes à l’État avait bel et bien été prise », tout en reconnaissant que sa mise en œuvre restait à « concrétiser ». Il a également estimé que « le dialogue demeure la seule voie possible, y compris avec l’Autorité palestinienne », réitérant que le Liban ne souhaite en aucun cas sombrer dans un conflit armé. Ses propos interviennent alors que le président palestinien Mahmoud Abbas est attendu le 21 mai à Beyrouth pour discuter de « l'extension de l'autorité » du pouvoir libanais aux camps des réfugiés palestiniens armés échappant à son contrôle.

M. Aoun a par ailleurs affirmé que sa visite a pour objectif principal de remercier le Koweït pour « son soutien constant au Liban, tant au niveau politique qu’à celui du développement ». Il a enfin salué l’accueil réservé à la communauté libanaise, la deuxième en nombre dans le monde arabe, dont la présence remonte aux années 1920. «Ses membres sont désormais pleinement intégrés et actifs dans la société koweïtienne», a-t-il dit.

Peu avant son départ pour le Koweït, le président libanais Joseph Aoun a déclaré samedi, dans un entretien télévisé, que le Liban « est revenu aux Arabes, et nous voulons que les Arabes reviennent à nous », alors que le rétablissement de la confiance des pays du Golfe fait partie des priorités annoncées des autorités depuis l'élection du nouveau chef de l'État. Une volonté assortie d'un travail diplomatique et de visites qui semblent commencer à porter leurs fruits, notamment avec la levée, depuis le 7 mai, de l'interdiction de voyager au Liban des Emiratis.Ces dernières années, les pays du Golfe ont, à plusieurs reprises, coupé leurs relations diplomatiques ou commerciales avec le Liban. Une de ces crises, en 2021, avait notamment été initiée par des déclarations de l'ancien ministre de...
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