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Dernières Infos - Justice

Attaques de prisons en France : la piste des narcotrafiquants confirmée


La carcasse d'une voiture incendiée devant la prison de Tarascon, dans le sud de la France, le 16 avril 2025. Photo AFP / SYLVAIN THOMAS

La piste des narcotrafiquants a été confirmée dans l'enquête sur les attaques contre des prisons ainsi que des agents pénitentiaires en France et 21 suspects ont été présentés vendredi à des juges d'instruction chargés de la criminalité organisée à Paris.

Au moins 13 des 21 suspects ont été mis en examen et ont commencé à passer devant un juge des libertés et de la détention qui doit statuer sur leur placement en détention provisoire, requis par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), seule désormais à conduire les investigations.

« Il faudra que l'instruction mette en exergue avec précision la responsabilité de chacun, mon client à titre d'exemple n'avait aucune idée de l'ampleur des activités de ce groupe et les condamne fermement », a réagi auprès de la presse l'avocate de l'un d'eux, Helin Köse.

Les avocats Marine Follet et Matthieu Mineo se sont réjouis du dessaisissement du Parquet national antiterroriste (Pnat): « On est sur de la criminalité organisée classique ».

« Parmi les mis en cause » figure « celui qui est susceptible d'être le créateur du premier compte Telegram intitulé DDPF (Défense des prisonniers français) et rédacteur du texte de revendication diffusé sur cette chaîne, mettant en cause la condition carcérale », soulignent-ils.

Déjà en détention, condamné pour des infractions de droit commun, il doit être prochainement jugé pour des faits liés au narcobanditisme proche de la DZ Mafia à Marseille (sud).

Le groupe « DDPF », alors totalement inconnu, avait publié vidéo et menaces sur cette messagerie cryptée, qui les a ensuite supprimées et fermé le canal.

Les investigations « ont mis en évidence un mode opératoire similaire, déployé de façon répétée: à partir d'un mot d'ordre d'action donné par l'instigateur du mouvement +DDPF+ sur une chaîne Telegram, des offres d'actions ont été diffusées et relayées sur les réseaux sociaux, des exécutants ont été recrutés et sont passés à l'acte, moyennant une rémunération significative », relate le communiqué.

« Ce mode opératoire correspond à celui désormais habituellement employé par les organisations criminelles pour faire exécuter des missions pour leur compte », ajoute le texte.

Au total, trente personnes, dont quatre mineurs, ont été interpellées entre lundi et mercredi lors d'un coup de filet dans toute la France. Sept gardes à vue ont été levées sans poursuites à ce stade.

Tirs et cocktails Molotov 

L'information judiciaire, ouverte vendredi par la Junalco pour notamment association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et de délits et tentative de meurtre en bande organisée, porte sur une quinzaine d'actions menées contre des prisons et des agents pénitentiaires à partir du 13 avril.

Ce jour-là, à Agen (sud-ouest) était apparu pour la première fois le tag « DDPF » près de sept voitures incendiées sur le parking de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire (Enap).

S'en était suivie une série d'incendies de voitures de personnels pénitentiaires un peu partout en France, des tirs de mortiers d'artifices sur des prisons, voire des tirs de kalachnikov comme à Toulon (sud-est).

L'enquête porte aussi sur des tirs par arme à feu et des jets de deux cocktails Molotov ayant visé le 21 avril un lotissement à Villefontaine près de Lyon (centre-est) où résident des agents pénitentiaires, non loin de la prison de Saint-Quentin-Fallavier.

Dès le 15 avril, le Pnat s'était saisi de l'enquête en raison de la « nature de ces faits, les cibles choisies et le caractère concerté d'une action commise sur de multiples points du territoire.

Mais à l'issue du coup de filet, « il n'apparaît pas que ces actions coordonnées procèdent d'une entreprise terroriste dont l'objet aurait été la commission d'infractions ayant pour seul but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur », développent le Pnat et la Junalco.

« Aucune idéologie radicale violente, aucune ingérence étrangère, pistes pleinement explorées, n'ont pu être caractérisées », poursuivent-ils.

« En revanche, les investigations ont permis d'inscrire résolument ces actions dans la très grande criminalité organisée », selon le communiqué.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait imputé dès le début les attaques à la criminalité organisée alors que le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les narcotrafiquants.

La piste des narcotrafiquants a été confirmée dans l'enquête sur les attaques contre des prisons ainsi que des agents pénitentiaires en France et 21 suspects ont été présentés vendredi à des juges d'instruction chargés de la criminalité organisée à Paris.Au moins 13 des 21 suspects ont été mis en examen et ont commencé à passer devant un juge des libertés et de la détention qui doit statuer sur leur placement en détention provisoire, requis par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), seule désormais à conduire les investigations.« Il faudra que l'instruction mette en exergue avec précision la responsabilité de chacun, mon client à titre d'exemple n'avait aucune idée de l'ampleur des activités de ce groupe et les condamne fermement », a réagi auprès de la presse...