Un bâtiment endommagé est photographié sur l'île de Tuti au Soudan, presque déserte après deux ans de guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide (RSF), le 19 avril 2025. Photo d'illustration AFP
Le seul centre au monde de recherche sur le mycétome, une maladie tropicale infectieuse touchant particulièrement les populations défavorisée, a été détruit à Khartoum par la guerre au Soudan, ont rapporté son fondateur et la responsable d’un programme sanitaire spécialisé. « Le centre et toute son infrastructure ont été détruits au cours de la guerre », qui oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a déclaré à l'AFP son directeur Ahmed Fahal.
Le conflit, qui a tué des centaines de milliers de personnes et en a déraciné 13 millions, a provoqué l'effondrement du système de santé. Sur une vidéo transmise mercredi à l'AFP, le centre de recherche, MRC, apparaît considérablement endommagé: plafonds effondrés, étagères renversées, réfrigérateurs béants et documents éparpillés. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer sur place son état.
« C'est très déchirant de voir 40 ans de travail du Dr Fahal disparaître ainsi », a regretté Borna Nyaoke-Anoke, responsable du programme mycétome à l'Initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi), une organisation de recherche indépendante, à but non lucratif, basée à Genève. « Nous avons perdu tout le contenu de nos banques biologiques, où se trouvaient des données datant de plus de 40 ans », a déploré M. Fahal. « C’est difficile à supporter. »
Le MRC, fondé en 1991 sous l’égide de l’Université de Khartoum, est le seul au monde dédié à l’étude du mycétome, a confirmé à l'AFP l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'établissement comptait 50 chercheurs et accueillait, selon son fondateur, 12 000 patients chaque année. En 2019, le centre a dirigé le premier essai clinique mondial sur cette pathologie, avec le soutien de l’OMS et du gouvernement soudanais.
Le mycétome, causé par des bactéries ou des champignons présents dans les sols ou l’eau, peut aller jusqu'à ronger les os. À un stade avancé, « l’amputation devient la seule option », explique Mme Nyaoke-Anoke. En 2016, le mycétome, qui touche particulièrement les populations défavorisées, ainsi que les agriculteurs, manoeuvres et gardiens de troupeaux dans les pays en développement, a été classé par l'OMS parmi les « maladies tropicales négligées » (NTD).
« Nous avons tendance à dire que le mycétome est l'une des maladies tropicales les plus négligées parmi les négligées », relève-t-elle. « Pour se faire soigner, les patients venaient d'Éthiopie, du Tchad, du Nigéria, ou même du Yémen ». « Aujourd’hui, le Soudan a fait un grand pas en arrière », regrette cette experte.
Le seul centre au monde de recherche sur le mycétome, une maladie tropicale infectieuse touchant particulièrement les populations défavorisée, a été détruit à Khartoum par la guerre au Soudan, ont rapporté son fondateur et la responsable d’un programme sanitaire spécialisé. « Le centre et toute son infrastructure ont été détruits au cours de la guerre », qui oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a déclaré à l'AFP son directeur Ahmed Fahal.Le conflit, qui a tué des centaines de milliers de personnes et en a déraciné 13 millions, a provoqué l'effondrement du système de santé. Sur une vidéo transmise mercredi à l'AFP, le centre de recherche, MRC, apparaît considérablement endommagé: plafonds effondrés, étagères renversées,...


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