Des soldats libanais déployés dans la localité de Houla au Liban-Sud, le 18 février 2025, quelques heures après le retrait de l'armée israélienne. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
L’armée libanaise a commencé à investir certains camps du Hezbollah situés au nord du fleuve Litani, ont indiqué à L’Orient-Le Jour des sources proches du palais présidentiel de Baabda et du Grand Sérail. Selon les informations obtenues, ce processus se déroulerait de manière lente et discrète dans cette zone un peu plus éloignée de la frontière avec Israël que les régions du sud du fleuve, où se sont déroulés la majorité des combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne entre le 8 octobre 2023 jusqu’au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier.
Aucune précision n'a été fournie sur les zones exactes dans lesquelles ces camps sont implantés ni comment l’armée était en train de s'y déployer, à l'exception d'un site dans la Békaa auparavant visé par l'armée israélienne et où la troupe libanaise a saisi des munitions. Ce qui est certain, c’est qu’aucune information faisant état d’incident n’est pour l’instant remontée du terrain, ce qui laisse supposer que ces opérations se déroulent dans le calme.
La chaîne de télévision locale al-Jadeed avait rapporté jeudi soir que l’armée libanaise était entrée dans « des camps supplémentaires que le Hezbollah n’avait pas encore remis au nord du Litani », ajoutant que l’institution militaire était « proche de finaliser le démantèlement de la structure du Hezbollah au sud du fleuve ».
Réduction progressive
Toujours selon la chaîne, le processus implique une réduction progressive de la quantité et du calibre des armes présentes dans cette partie du pays dominée par le parti chiite, mais où l’armée libanaise a renforcé sa présence parallèlement au retrait israélien décidé dans le cadre du cessez-le-feu. « Par la suite, un accord sera trouvé avec le Hezbollah sur le mécanisme de remise de son arsenal », avait encore affirmé al-Jadeed.
Dans le même temps, notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah a rapporté que, selon des informations circulant sur le terrain, l’armée libanaise aurait investi des sites de la formation pro-iranienne situés dans les environs du village de Zawtar (caza de Nabatiyé), sur les rives du fleuve Litani.
Actuellement, les autorités libanaises discutent du désarmement du Hezbollah, un dossier relancé après la guerre. Le parti en est ressorti considérablement affaibli, après avoir perdu de nombreux cadres, combattants et une large partie de son arsenal.
Le désarmement du Hezbollah est une des mesures phares de la résolution 1701 qui avait mis fin à la guerre de 2006 entre l'Etat hébreu et le parti chiite, mais qui n’a jusqu’à présent pas été mise en œuvre. Cet engagement est au cœur des conditions devant permettre de transformer la trêve conclue en novembre dernier en une accalmie durable entre les deux belligérants. L’armée israélienne occupe de son côté toujours cinq positions stratégiques au Liban-Sud, alors qu’elle était supposée s’en retirer le 18 février. Le cessez-le-feu a été entaché par d’autres violations, dont plusieurs frappes sur la banlieue sud de Beyrouth survenues fin mars, les premières depuis le 27 novembre.
Si le gouvernement de Nawaf Salam et le président Joseph Aoun ont à maintes reprises affirmé leur détermination à redonner le monopole des armes à l’armée libanaise, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a donné vendredi un ultimatum de six mois pour le désarmement du Hezbollah, estimant que le parti devrait avoir remis son arsenal à l’État dans ce délai. Il a aussi écarté toute perspective de parvenir à ce résultat dans le cadre d’un « dialogue autour d’une stratégie de défense nationale ».
Par ailleurs, sur le terrain, un nombre relativement faible d'incidents ont été rapportés à la frontière libano-israélienne vendredi, selon notre correspondant dans le Sud. Un groupe de soldats israéliens a ainsi franchi la frontière et s'est infiltré dans les environs du fleuve Wazzani (district de Hasbaya). Les forces israéliennes, situées sur la colline occupée de Hamames, ont balayé à deux reprises le sud de la localité de Khiam (Marjeyoun) avec des mitrailleuses et enfin, trois obus d'artillerie israéliens sont tombés sur le village de Aïta al-Chaab (Bint Jbeil).



Il était grand temps. Merci à l'armée et au président
08 h 48, le 12 avril 2025