La procureure générale près la Cour d’appel du Mont-Liban Ghada Aoun devant le palais de justice de Beyrouth, le 4 mai 2023. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L'ancienne procureure générale près la cour d'appel du Mont Liban, Ghada Aoun, a salué mardi les déclarations du Premier ministre Nawaf Salam qui avait plaidé la veille pour « la levée du secret bancaire afin de pouvoir mettre en oeuvre des réformes financières au Liban ».
Dans une publication sur X, Ghada Aoun a remercié le chef du gouvernement pour avoir exigé la mise en œuvre d’une réforme financière – un combat qui, selon elle, l’a exposée à « toutes sortes de fausses attaques » voire à des « tentatives pathétiques » de la faire condamner par la justice.
Ghada Aoun a également estimé que « la levée du secret bancaire est une priorité incontournable pour toute véritable réforme financière et approche équitable de la crise financière et économique dont nous souffrons ». Son application stricte, a-t-elle ajouté, devrait conduire à l’incarcération de « la plupart des présidents des conseils d'administration des banques ». La magistrate a également plaidé pour des « mesures radicales » contre les établissements bancaires s'ils ne respectent pas la levée du secret bancaire.
Des dizaines de milliards de dollars de dépôts restent bloqués par les banques libanaises, virtuellement en faillite depuis le début de la crise qui a éclaté fin 2019.
Le chef du gouvernement libanais Nawaf Salam avait plaidé lundi en faveur de la levée du secret bancaire afin de pouvoir mettre en oeuvre des réformes financières au Liban et restituer l'argent des déposants bloqué depuis 2019 dans les banques. « Le point d'entrée le plus naturel pour les réformes financières et pour permettre la restitution des dépôts se trouve dans la levée du secret bancaire », avait souligné M. Salam. Il avait déclaré que « les banques doivent assumer une partie de la responsabilité et sont tenues d'augmenter leur capital et de le restructurer », tout en soulignant la nécessité de « préserver les actifs de l'État et d'œuvrer pour une gestion différente de ces actifs qui soit davantage productive pour redresser tous les secteurs ».


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