Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea à Meerab en 2022. Photo d'archives Joseph EID / AFP
Les Forces libanaises (FL) ont affirmé lundi que la stabilité du Liban ne pourra être atteinte que par le « respect total des résolutions internationales », estimant que le Hezbollah devrait « remercier » les responsables qui veulent protéger le Liban d'une nouvelle guerre, sur fond d'échanges d'accusations entre les deux formations politiques. Alors que les FL de Samir Geagea critiquent avec virulence les prises de positions du parti chiite concernant son arsenal, ainsi que les justifications de l'ouverture d'un front dit « de soutien » à Gaza, le Hezbollah estime de son côté que les responsables FL et le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, font le jeu d'Israël avec leurs critiques.
« Ceux qui appellent à la mise en œuvre des résolutions internationales et du cessez-le-feu, notamment le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Affaires étrangères » – nommé par le parti chrétien – agissent, selon le communiqué des FL, dans « l'intérêt du Liban et de son peuple, afin de les protéger des dangers d’une nouvelle escalade militaire ». « Ces voix sont toutefois confrontées à des campagnes de dénigrement, dans une tentative de faire taire ceux qui plaident pour la consolidation de la souveraineté du pays », ajoute le texte. Dès lors, le parti chiite devrait « remercier ces voix « patriotiques qui cherchent à protéger le Liban des dangers de la guerre ».
Monopole des armes, résolution 1701
Les FL ont en outre plaidé une nouvelle fois pour « le respect des résolutions internationales, le renforcement du rôle de l’État libanais dans l’extension de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, et le monopole des armes, afin que l’État soit le seul responsable de la décision de la guerre, tout en prenant en main la sécurité et l’avenir du peuple libanais ».
Concernant d'ailleurs la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en 2006, le parti de Samir Geagea a estimé que « si elle avait été pleinement appliquée, la prétendue guerre de soutien n’aurait pas eu lieu », tout en ajoutant que si jamais elle ne devait pas être respectée « les tensions et l’instabilité à la frontière sud transformeront le Liban en un champ de bataille ». Cette résolution a été conclue entre Israël et le Liban après la guerre de juillet, accordant une autorité explicite à la Force intérimaire des Nations unies (Finul) et à l'armée libanaise le long de la Ligne bleue séparant le Liban d'Israël.
Cette nouvelle prise de position des FL est intervenue deux jours après le tir de trois roquettes depuis le Liban-Sud vers la localité israélienne de Metoula, aussitôt interceptées par le système de défense israélien. En représailles, Israël a bombardé plusieurs dizaines de cibles au Liban-Sud et dans la Békaa, tuant huit personnes et en blessant plusieurs autres. Bien que les violations israéliennes soient quotidiennes, l'épisode de samedi est parmi les plus violents et meurtriers depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui avait mis fin à la guerre entre le Hezbollah et l’État hébreu. Le Hezbollah a démenti toute implication dans l’incident, et l’armée libanaise a retrouvé des plateformes en bois, à l'aspect très rudimentaire, utilisées pour le lancement des roquettes.
Phase d'exécution
De son côté, le député Ghassan Hasbani (Forces libanaises) a affirmé lors d'une interview à Sky News que « le déploiement de l'armée libanaise dans le sud du Liban est une étape positive, mais doit être suivi par le démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah et des autres organisations armées, ainsi que la confiscation des armes, comme le stipulent l'accord de cessez-le-feu et l'accord de Taëf. » Il a ajouté que « la décision a été prise au niveau international, et il ne peut être permis que les armes du Hezbollah demeurent sur le territoire libanais. La décision libanaise à cet égard a été prise depuis des décennies, et elle entre aujourd'hui dans sa phase d'exécution. »
M. Hasbani a également insisté sur le fait que « le Hezbollah doit prendre conscience de la gravité de la situation et analyser les changements régionaux de manière claire et logique, et coopérer avec l'armée pour remettre ses armes. » Enfin, il a averti que « le retard dans la remise ou la confiscation des armes pourrait ouvrir la voie à des interventions militaires que nous ne voulons pas, car la décision concernant les armes a été prise. »


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin