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Dernières Infos - Scrutin

Groenland : le centre droit remporte les législatives avec 29,9% des voix


Des manifestants marchent dans la neige lors d'une manifestation contre le racisme, les préjugés et la discrimination à Nuuk, au Groenland, le 27 février 2025. Mads Schmidt RASMUSSEN / AFP

Après la victoire surprise du centre-droit aux élections législatives de mardi, talonné par les nationalistes indépendantistes, le Groenland cherche mercredi une coalition capable de déterminer la marche vers l'indépendance, pour contrer les appétits de Donald Trump sur ce territoire autonome danois.

Les nationalistes de Naleraq, force la plus activement engagée pour que le territoire autonome danois rompe ses liens restants avec Copenhague, sont arrivés en deuxième position d'un vote scruté par le monde entier, face aux convoitises du président américain qui dit pouvoir « obtenir » l'île arctique « d'une manière ou d'une autre ».

Le parti Démocrates (Demokraatit), formation autoproclamée « sociale-libérale », a remporté 29,9% des suffrages. Avec les nationalistes, les deux partis ont balayé la coalition sortante composée d'Inuit Ataqatigiit (IA, gauche écologiste) et des sociaux-démocrates de Siumut, au gouvernement depuis 26 ans.

C'est ce parti, favorable à une marche lente vers l'indépendance en passant d'abord par plus d'autonomie économique, qui va mener les négociations pour déterminer une plateforme gouvernementale, avec l'indépendance en ligne de mire.

« S'ils choisissaient de former un gouvernement avec Naleraq, ils devront accélérer le programme sur l'indépendance et la formation de l'Etat », a estimé auprès de l'AFP Lill Rastad Bjørst, maître de conférence à l'Université de Copenhague.

Fort de son bon résultat, Naleraq, qui a doublé son assise électorale en quatre ans, devrait continuer à insister sur la mise en place d'une séparation formelle avec Copenhague.

« Avec Naleraq (...) Demokraatit devra probablement faire face à des demandes constantes et explicites d'esquisser un plan concret pour le processus », a insisté Anne Merrild, professeure à l'Université d'Aalborg, spécialiste de l'Arctique.

« Nous pouvons faire ça de la même manière que nous avons quitté l'Union européenne. Cela a pris trois ans. Le Brexit a duré trois ans. Pourquoi prendre plus de temps ? », a déclaré le chef du parti, Pele Broberg, à l'AFP. Mais des analystes craignent qu'une indépendance rapide attise l'insatiabilité américaine et ne les jette dans l'escarcelle de Donald Trump.

« Demokraatit peut s'en tenir à son propre programme et se concentrer d'abord sur la croissance économique », a estimé Mme Rastad Bjørst.

Aucun calendrier n'est pour l'instant disponible mais l'universitaire souligne un « sentiment d'urgence ».

La classe politique « se sent obligée d'agir rapidement pour gérer la situation actuelle avec le Danemark et les États-Unis », selon elle.

La future coalition gouvernementale doit rallier au moins 16 des 31 élus du parlement local, alors que le parti de centre-droit en compte 10.

Appel à l'unité

Pendant la soirée électorale, le jeune chef de Demokraatit, Jens Frederik Nielsen, 33 ans et ancienne gloire locale de badminton, a déclaré « tendre la main à tout le monde ». « Le Groenland a besoin que nous restions unis, ce qui sera la base de nos négociations », a-t-il dit lors d'un débat télévisé. M. Nielsen a aussi rappelé deux fondamentaux de sa campagne: « une approche calme face aux États-Unis » et la construction d'une « fondation » préalable à la formation d'un Etat groenlandais.

Pour Ulrik Pram Gad, chercheur à l'Institut danois pour les études internationales, il devrait poursuivre une ligne modérée. « Ils vont continuer à pousser le Danemark vers plus d'égalité, mais pourraient être plus ouverts aux investissements danois. Et ils continueront d'insister pour que le Danemark jette un regard neuf sur l'histoire coloniale, même s'ils sont moins virulents », a-t-il indiqué à l'AFP. Face à Trump, le futur gouvernement groenlandais devrait chercher à se focaliser sur la coopération économique, a-t-il jugé, estimant que l'Union européenne, dont le Groenland est sorti en 1985, pourrait aussi jouer un rôle important.

Après la victoire surprise du centre-droit aux élections législatives de mardi, talonné par les nationalistes indépendantistes, le Groenland cherche mercredi une coalition capable de déterminer la marche vers l'indépendance, pour contrer les appétits de Donald Trump sur ce territoire autonome danois.Les nationalistes de Naleraq, force la plus activement engagée pour que le territoire autonome danois rompe ses liens restants avec Copenhague, sont arrivés en deuxième position d'un vote scruté par le monde entier, face aux convoitises du président américain qui dit pouvoir « obtenir » l'île arctique « d'une manière ou d'une autre ».Le parti Démocrates (Demokraatit), formation autoproclamée « sociale-libérale », a remporté 29,9% des suffrages. Avec les nationalistes, les deux partis ont balayé...