Un véhicule blindé utilisé par les forces de sécurité syriennes sur une route dans la ville de Lattaquié, à l'ouest de la Syrie, le 9 mars 2025. Photo OMAR HAJ KADOUR / AFP
L'Iran a formellement contesté lundi toute implication dans les violences en Syrie ces derniers jours entre le nouveau pouvoir et des minorités, notamment celle des Alaouites à laquelle appartient le président déchu Bachar el-Assad, allié de longue date de Téhéran.
« Cette accusation est totalement ridicule », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, interrogé sur des informations de presse en ce sens.
Il a rejeté les récentes affirmations de médias, notamment de la chaîne de télévision Al-Arabiya, suggérant que l'Iran et des groupes alliés dans la région étaient à l'origine des violences.
« Pointer du doigt l'Iran et les amis de l'Iran est une erreur (...) et est totalement trompeur », a ajouté M. Baghaï lors d'un point presse hebdomadaire.
L'Iran a entretenu durant quatre décennies des liens étroits avec la Syrie, pays multiethnique et multiconfessionnel, dirigé pendant un demi-siècle par Hafez el-Assad puis son fils Bachar.
Ce dernier a été renversé en décembre par une coalition menée par le groupe islamiste sunnite radical Hay'at Tahrir el-Cham (HTc), ancienne branche syrienne d'el-Qaëda.
Des violences déclenchées par une attaque sanglante le 6 mars de partisans de Bachar al-Assad contre des forces de sécurité près de Lattaquié, berceau de la minorité alaouite dont est issue la famille Assad, ont fait ces derniers jours des centaines de morts.
« Rien ne justifie les attaques contre certaines communautés alaouites, chrétiennes, druzes et autres minorités », a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne.
Depuis la chute de Bachar el-Assad, l'Iran n'a pas reconnu le nouveau pouvoir en Syrie.
« Nous n'avons aucune relation avec le gouvernement syrien actuel et nous ne sommes pas pressés à ce sujet », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, lors d'un entretien à l'AFP.
« La République islamique d'Iran n'est actuellement qu'un observateur des questions syriennes », avait-il souligné.

