Des agents des nouvelles forces de sécurité syriennes arrivant à Baniyas, sur le littorial syrien, le 7 mars 2025. Photo AFP / Handout / SANA
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état de l' »exécution », vendredi, de 162 civils alaouites par les forces de sécurité dans la région de cette minorité dont est issu l'ex-président Bachar el-Assad, lors d'une vaste opération de ratissage dans l'ouest du pays.
« Cinq massacres distincts ont coûté la vie à 162 civils dans la région côtière syrienne vendredi, parmi lesquels des femmes et des enfants », a indiqué l'OSDH dans un nouveau bilan.
« La grande majorité des victimes ont été exécutées sommairement par des éléments affiliés au ministère de la Défense et de l'Intérieur » des autorités islamistes a ajouté l'ONG, précisant qu'il s'agissait d'un bilan provisoire.
L'OSDH et des militants ont publié des vidéos montrant des dizaines de corps en vêtements civils empilés dans la cour d'une maison tandis que des femmes pleuraient à proximité.
Dans une autre vidéo, des hommes en tenue militaire apparaissent en train d'ordonner à trois personnes de ramper l'une derrière l'autre avant de leur tirer dessus à bout portant.
Une troisième séquence montre un homme armé en train de tirer à plusieurs reprises à bout portant sur un jeune homme en tenue civile à l’entrée d’un bâtiment, avant de l’abattre.
L'AFP n'a pas pu vérifier ces vidéos de manière indépendante.
Cela porte à plus de 240 le nombre total de morts depuis la flambée des violences jeudi.
Il s'agit des affrontements les plus meurtriers depuis la chute d'Assad, renversé le 8 décembre par une coalition de groupes islamistes.
Ces combats entre les forces de sécurité et des hommes armés fidèles à Assad ont poussé les autorités à envoyer des renforts et lancé vendredi d'importantes opérations de ratissage.
Lors d'un discours diffusé vendredi soir sur la chaîne Telegram de la présidence syrienne, M. Chareh a demandé à ses forces armées de « ne permettre à personne de dépasser les limites et de réagir avec excès de zèle ».
« Je demande à toutes les forces impliquées dans les combats de se conformer pleinement aux commandants militaires (..) pour mettre un terme aux exactions en cours et permettre aux forces de sécurité et militaires de poursuivre leur travail de manière optimale », a-t-il déclaré, sans préciser la nature de ces exactions.
Des habitants et des membres des factions pro-turques ont pris les armes pour épauler les forces de sécurité dominées par le groupe islamiste Hay'at Tahrir el-Cham.
« Lorsque nous abandonnons notre morale, nous devenons semblables à notre ennemi », a poursuivi M. Chareh.
Selon l'OSDH, les affrontements depuis jeudi ont fait 85 morts, dont 50 membres des forces de sécurité et 45 combattants loyalistes d'Assad.
Depuis la chute d'Assad, les nouvelles autorités syriennes ont lancé des opérations visant à éradiquer les « restes du régime », ciblant en particulier les bastions alaouites de l'ouest et du centre du pays.
Les habitants de ces régions dénoncent régulièrement des exactions commises à leur encontre, qualifiées d' »incidents isolés » par les autorités.


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