Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, recevant l'ambassadrice américaine, Lisa Johnson. Photo ANI
Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a de nouveau réclamé mercredi le retrait « complet » de l'armée israélienne du Liban-Sud, alors qu'il recevait l'ambassadrice des États-Unis à Beyrouth, Lisa Johnson.
M. Raggi a appelé Israël à « se retirer complètement des territoires libanais qu'il occupe jusqu'aux frontières internationalement reconnues, à remettre les prisonniers libanais et à respecter les dispositions de l'accord d'armistice avec le Liban de 1949 », rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
La semaine dernière, le chef de la diplomatie libanaise s'était entretenu avec l'ambassadeur de France à Beyrouth, Hervé Magro, et avait réitéré « la demande du Liban pour un retrait israélien total et inconditionnel du territoire libanais ».
Les États-Unis et la France sont garants de l'accord de trêve conclu après plus de 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël. Cet accord avait été prolongé jusqu'au 18 février, après qu'Israël a affirmé que le gouvernement libanais ne l'avait pas entièrement mis en œuvre, invoquant la lenteur du déploiement de l'armée libanaise. L'armée israélienne a maintenu sa présence à plusieurs points du Liban-Sud et continue de mener des frappes aériennes à travers le pays.
Devant Mme Johnson, M. Raggi a aussi rappelé les propos du président Joseph Aoun sur « la nécessité d'appliquer l’accord de trêve entre le Liban et Israël et la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ».
Adoptée en 2006 à l’issue d’une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, la résolution 1701 confère explicitement à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et à l’armée libanaise le pouvoir d’opérer et de maintenir la paix le long de la Ligne bleue, qui délimite la frontière entre les deux pays. Elle stipule également que le Hezbollah doit être tenu à l’écart de la frontière, en échange du respect par Israël de la souveraineté libanaise. C'est cette résolution qui a servi de base à l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre dernier.
La discussion entre M. Raggi et Mme Johnson a également porté sur « l'atmosphère positive et encourageante de la réunion de Riyad et du sommet arabe extraordinaire organisé par l'Egypte sur les développements de la question palestinienne et la position arabe unifiée qui s'est dégagée du sommet », selon les propos du ministre rapportés par l’ANI. L'administration américaine a rejeté le plan de reconstruction de Gaza adopté par les dirigeants arabes, qui écarte le Hamas et se veut une alternative au projet du président Donald Trump visant à placer le territoire sous contrôle des États-Unis.
L'ANI rapporte enfin que M. Raggi a reçu un appel téléphonique de la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, qui l’a invité à prendre part à la conférence de soutien à la Syrie prévue à Bruxelles le 17 mars prochain. Le ministre a réitéré à la responsable européenne le fardeau que représente la présence au Liban des déplacés syriens.
Selon Beyrouth, le Liban accueille près de deux millions de Syriens (près de 800.000 sont enregistrés auprès des Nations unies), soit le plus grand nombre de réfugiés par habitant dans le monde. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 200.000 réfugiés syriens sont retournés dans leur pays depuis la chute de l'ex-président Bachar el-Assad le 8 décembre 2024.


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