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Dernières Infos - Diplomatie

Le Royaume-Uni et la France prolongent leur traité contre les migrations clandestines

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau regarde le Premier ministre français prononcer un discours après une réunion du Comité interministériel de contrôle de l'immigration (CICI) à l'hôtel Matignon à Paris, le 26 février 2025. Photo AFP / Ludovic MARIN

Le Royaume-Uni et la France ont prolongé d'un an jeudi le traité permettant à Londres de financer une partie des contrôles menés côté français pour empêcher les traversées clandestines qui font régulièrement de morts en Manche, lors d'un déplacement conjoint de leurs ministres de l'Intérieur. Loin de livrer « un bras de fer » comme évoqué en novembre, Bruno Retailleau pour la France a adopté un ton plus conciliant et s'est engagé avec Yvette Cooper, son homologue britannique, à renforcer la lutte contre les migrations clandestines, lors d'une visite sur le littoral du nord de la France.

« Nos discussions sont un peu âpres dès qu'il s'agit d'argent », a-t-il reconnu lors d'une conférence de presse commune au Touquet, station balnéaire du département du Pas-de-Calais (nord-est) mais « nous sommes d'accord sur les objectifs et nous parvenons toujours au final à nous entendre ». Mme Cooper a appelé à « renforcer » la lutte contre les migrations clandestines qui ont à nouveau augmenté en 2024 à quelque 36.800 arrivées, « à la fois ici dans le nord de la France, entre le Royaume-Uni et la France mais aussi renforcer les actions à travers l'Europe ».

M. Retailleau a de son côté réitéré son souhait de rétablir le « délit de séjour irrégulier » supprimé en 2012, qui rendait passible de prison le fait de se trouver sur le sol français sans autorisation légale. Il a également plaidé pour un « changement de doctrine » permettant aux forces françaises d'intercepter des bateaux même quand ils sont déjà à l'eau, pour contrer la nouvelle tactique des « taxis-boats », qui arrivent par la mer pour embarquer des migrants directement dans l'eau, en évitant les contrôles sur les plages.

Face au durcissement sécuritaire, passeurs et candidats à l'exil prennent des risques accrus, déplorent des associations de soutien aux migrants et des experts. Au moins 78 personnes sont mortes en tentant de rallier l'Angleterre par la mer en 2024, un record.

Survol du littoral 

Les questions migratoires empoisonnent de longue date les relations entre Londres et Paris. Mais alors que les tensions semblaient ravivées, les deux ministres ont annoncé s'être accordés pour prolonger jusqu'en 2027 le traité de Sandhurst, au lieu de 2026. Dans le cadre de cet accord signé en 2018, le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes.

« Nous avons contrôlé le travail et les investissements effectués dans le cadre de l'accord de Sandhurst », dont le montant décidé par le précédent gouvernement n'a pas été modifié, afin d'assurer qu'ils sont « utilisés le plus efficacement possible », a déclaré Mme Cooper. Les deux ministres sont partis tôt jeudi matin du Touquet pour survoler le littoral, avant de visiter des équipements et unités de sécurité en partie financés par des fonds britanniques. Ils ont été voir un barrage installé sur un cours d'eau pour empêcher d'y rejoindre la mer, ou encore la gendarmerie d'Etaples-sur-Mer, équipée de drones et caméras thermiques.

Parmi les projets devant être cofinancés d'ici 2027 figurent un centre de rétention administrative (CRA) supplémentaire à Dunkerque, mais aussi des casernes pour les CRS déployés en renfort ou encore des formations pour les opérateurs de drones. En mars 2023, un sommet bilatéral avait réuni à Paris le président Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique de l'époque, le conservateur Rishi Sunak, marquant une relance de la coopération.

Londres s'était alors engagé à verser « 541 millions d'euros entre 2023/2024 et 2025/2026 », selon un rapport parlementaire britannique de décembre 2024. En contrepartie, Paris devait augmenter le taux d'interception d'embarcations destinées à traverser la Manche et réduire « notablement » le nombre de traversées. Les traversées ont atteint un record en 2022, quand plus de 45.000 personnes sont parvenues à rejoindre le Royaume-Uni. Après une baisse en 2023, les arrivées sont reparties à la hausse de 25% en 2024.

Depuis, la coopération bilatérale semblait à l'arrêt. Un nouveau gouvernement travailliste a été élu en juillet 2024, et la France a changé trois fois de Premier ministre l'an dernier. En novembre, M. Retailleau avait appelé Londres à faire davantage pour lutter contre l'immigration clandestine, regrettant également le manque de voies légales d'accès vers l'Angleterre depuis le Brexit.

Le gouvernement travailliste a promis de réduire l'immigration. Mais face aux pénuries récurrentes de main-d'oeuvre dans l'agriculture, il a annoncé mardi la prolongation pour cinq ans des assouplissements permettant le recours aux travailleurs saisonniers agricoles étrangers.

Le Royaume-Uni et la France ont prolongé d'un an jeudi le traité permettant à Londres de financer une partie des contrôles menés côté français pour empêcher les traversées clandestines qui font régulièrement de morts en Manche, lors d'un déplacement conjoint de leurs ministres de l'Intérieur. Loin de livrer « un bras de fer » comme évoqué en novembre, Bruno Retailleau pour la France a adopté un ton plus conciliant et s'est engagé avec Yvette Cooper, son homologue britannique, à renforcer la lutte contre les migrations clandestines, lors d'une visite sur le littoral du nord de la France.« Nos discussions sont un peu âpres dès qu'il s'agit d'argent », a-t-il reconnu lors d'une conférence de presse commune au Touquet, station balnéaire du département du Pas-de-Calais (nord-est) mais « nous...