Le siège du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur à Beyrouth. Photo ANI
La ministre de l’Éducation, Rima Karamé, a été accusée mercredi par la plateforme d'informations sur les réseaux sociaux Megaphone de vouloir « faire taire » les enseignants, après avoir émis une circulaire rappelant au personnel du secteur de l'éducation publique de ne pas s'exprimer dans les médias sans autorisation officielle. Cette circulaire n'est toutefois qu'un rappel du Statut de la fonction publique, consacré dans le décret n° 112/1959, comme l'a rappelé à L'Orient-Le Jour le conseiller de la ministre, Albert Chamoun.
Selon l'article 15 de ce décret, les fonctionnaires sont interdits de « faire des déclarations ou publier des articles sans l'autorisation écrite du chef de l'administration à laquelle ils sont rattachés ». C'est cette mesure qu'a donc rappelée la ministre dans sa circulaire, dans laquelle elle appelle les employés de son ministère et les responsables des écoles et instituts de s’abstenir de faire des déclarations aux médias sans autorisation officielle.
« Rima Karamé commence la réforme en faisant taire les enseignants », a réagi mercredi Megaphone. « Cela soulève des questions sur la restriction des libertés et des droits des citoyens à dénoncer la corruption », a écrit un utilisateur sur le réseau social X.
أصدرت وزيرة التربية #ريما_كرامي، اليوم الأربعاء، تعميماً يحذّر العاملين في وحدات الوزارة والمسؤولين عن المدارس والثانويات والمعاهد من إدلاء أي تصريحات لوسائل الإعلام.
— Megaphone (@megaphone_news) February 26, 2025
وجاء هذا التحذير في تعميمٍ بشأن التقيّد بالقوانين المتعلّقة بالشؤون الإدارية. ويمنع التعميم العاملين في المجال… pic.twitter.com/bYbxGN8nw7
La plateforme Megaphone News ajoute toutefois que « cette mise en garde fait partie d'une circulaire relative au respect des lois administratives ». Dans sa circulaire, la ministre libanaise a aussi souligné la nécessité de coordonner les efforts et de collaborer pour « atteindre les objectifs du gouvernement de réforme et de sauvetage », selon la plateforme.
Au Liban, plusieurs catégories de fonctionnaires et de responsables publics sont soumises à des restrictions concernant les déclarations publiques, notamment en ce qui concerne les informations sensibles ou liées à leur domaine de travail. Les militaires, les membres des forces de sécurité, ainsi que les magistrats et les membres du système judiciaire ne peuvent généralement pas faire de déclarations publiques sans autorisation préalable.
En octobre 2023, l'ancien ministre de la Justice Henri Khoury avait déclenché une polémique similaire en publiant une circulaire dans laquelle il interdisait aux magistrats d’« apparaître dans les médias et (d’)y donner leur avis sans avoir obtenu une autorisation préalable ». Le Club des juges ne s’est pas conformé à cette instruction, poursuivant, à travers des communiqués diffusés sur les réseaux sociaux et dans les supports médiatiques, l’affichage de ses positions critiques contre une justice sclérosée par l’ingérence de la politique. La procureure générale près la cour d'appel du Mont Liban, Ghada Aoun, a, elle, du apparaître à plusieurs reprises devant le Conseil de la magistrature pour avoir pris publiquement position concernant certaines affaires.


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