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Paris propose des restrictions de visas simultanées à l'échelle européenne

Paris propose des restrictions de visas simultanées à l'échelle européenne

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) s'adresse à la presse après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux policiers, le 22 février 2025. Photo AFP/SEBASTIEN BOZON

Après un attentat commis sur son sol par un Algérien en situation irrégulière, la France, en pleine crise avec Alger, a proposé mercredi que les délivrances de visas soient réduites "par tous les pays européens en même temps" pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.

"Si un pays ne coopère pas avec les autorités françaises, je vais proposer que tous les pays européens en même temps puissent restreindre leur délivrance de visas", a affirmé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur la chaîne France 2, quelques heures avant une réunion interministérielle sur le contrôle de l'immigration à Paris. "Quand on le fait à titre national, malheureusement, ça ne fonctionne pas". 

M. Barrot propose en revanche que l'UE baisse les droits de douanes pour les pays avec qui la coopération pour la reprise de leurs ressortissants s'améliore, "un levier (...) particulièrement puissant", selon lui.

Les relations avec Alger, déjà très tendues, se sont encore dégradées après l'attentat meurtrier commis samedi à Mulhouse, dans l'est de la France. Un Algérien de 37 ans en situation irrégulière est accusé d'avoir tué à l'arme blanche un Portugais de 69 ans et d'avoir blessé sept autres personnes, deux agents du stationnement grièvement touchés et cinq policiers municipaux.

Dix "non"

"Il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d'origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois, la réponse a été non", a dénoncé lundi le premier ministre français François Bayrou, jugeant "inacceptable" le refus d'Alger de reprendre son ressortissant, sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire.

Alger a refusé à de multiples reprises ces dernières semaines de laisser entrer sur son sol ses ressortissants expulsés de France, qui réfléchit à des mesures de rétorsion.

M Barrot souhaite également que les étrangers en situation irrégulière puissent être placés en rétention par un juge "pour des motifs d'ordre public, parce qu'aujourd'hui ce n'est pas possible en droit". "Ça nécessite des évolutions européennes, nous avons commencé à militer activement pour que ce soit le cas", a-t-il indiqué. "Si nous voulons avoir le maximum d'efficacité avec notre politique migratoire, il y a beaucoup de choses qui seront beaucoup plus efficaces si nous passons par le niveau européen", selon lui.

Mardi soir, M. Barrot a par ailleurs annoncé que des "restrictions de circulation et d'accès au territoire national pour certains dignitaires algériens" avaient été prises. Il a précisé mercredi que ces mesures avaient été décidées "il y a quelques semaines", soit avant l'attaque de Mulhouse.

"Coopération exigeante

Le ministre de l'Intérieur, le très conservateur Bruno Retailleau, suggère d'aller plus loin en remettant "en cause de façon plus générale des accords" avec l'Algérie de 1968. Ces accords créent un statut unique pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d'emploi, avec une entrée en France et un accès accéléré à la délivrance d'un titre de séjour de 10 ans, par exemple.

Selon M. Barrot, "dire 'j'arrête les visas pour un pays donné', ça ne fonctionne pas": "lorsqu'on a réduit les visas, on était à 800" expulsions par an mais "lorsqu'on a engagé une coopération exigeante, on a multiplié par trois les expulsions", avait-il expliqué dimanche.

Une dizaine de ministres seront rassemblés à partir de 13H00 GMT autour de M. Bayrou pour un "Conseil interministériel de contrôle de l'immigration" (CICI). Ils discuteront notamment de "la maîtrise des flux migratoires" et des moyens "nationaux, européens et diplomatiques pour renforcer les contrôles", a appris l'AFP auprès des services du chef du gouvernement.

Outre la question algérienne, les ministres aborderont en particulier la transposition du "Pacte européen asile et migration" - adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026 -, qui prévoit un durcissement du "filtrage" aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27.

Créé en 2005, le CICI a été réactivé par M. Retailleau "dans le contexte d’une immigration importante" et "pour répondre aux attentes des Français en faveur d'une plus grande maîtrise des flux migratoires", par un décret du 22 janvier.



Après un attentat commis sur son sol par un Algérien en situation irrégulière, la France, en pleine crise avec Alger, a proposé mercredi que les délivrances de visas soient réduites "par tous les pays européens en même temps" pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.

"Si un pays ne coopère pas avec les autorités françaises, je vais proposer que tous les pays européens en même temps puissent restreindre leur délivrance de visas", a affirmé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur la chaîne France 2, quelques heures avant une réunion interministérielle sur le contrôle de l'immigration à Paris. "Quand on le fait à titre national, malheureusement, ça ne fonctionne pas". 

M. Barrot propose en...