Le recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, s'exprime à la grande mosquée, le 23 janvier 2025. Photo AFP/THOMAS SAMSON
Le recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a été reçu lundi à Rome par le pape François, à qui il a soumis l'idée d'une « rencontre pour la fraternité » entre chrétiens et musulmans, selon l'institution musulmane. Cet événement, qui serait placé sous le « haut patronage » du pape pour marquer « l'amitié des chrétiens et des musulmans d'Europe », pourrait « être imaginé à Paris dès cette année 2025 », écrit le représentant de la deuxième religion de France dans une lettre remise au souverain pontife.
La rencontre pourrait « se référer au nom de saint Augustin, figure de convergence entre les terres d'Orient et d'Occident » et s'inscrire « dans l'esprit des rencontres inter-religieuses d'Assise initiées le 27 octobre 1986 » par le pape Jean Paul II, ajoute M. Hafiz, qui est aussi président de l'Alliance des mosquées, associations et leaders musulmans en Europe (Ammale).
« L'histoire européenne nous enseigne les périls de l'intolérance et du fanatisme »
« L'histoire européenne nous enseigne les périls de l'intolérance et du fanatisme. À l'heure où renaissent les extrémismes de tous bords, il nous incombe de travailler ensemble à une Europe fidèle à son héritage humaniste », affirme M. Hafiz, qui avait déjà été reçu par le pape François en février 2022. Tout en saluant le « travail exceptionnel des catholiques et de leurs représentants », le recteur de la Grande mosquée déplore qu' »en Europe, la fraternité entre chrétiens et musulmans » soit « menacée par l'indifférence, la déshumanisation, la crainte de l'autre et du lendemain ». « Depuis trop d'années, en Occident, l'islam est perçu à travers le prisme déformant du terrorisme et de la violence » ce qui « alimente les discours hostiles aux musulmans, qui font face à une stigmatisation croissante », affirme-t-il.
Les musulmans d'Europe agissent « en citoyens, et entendent dessiner un futur de paix » mais « les territoires qui les ont accueillis semblent désormais habités par la peur », ajoute le recteur, en rappelant que le pape François « a dénoncé à plusieurs reprises les reculs identitaires et les discours de haine qui menacent les peuples, alors que le salut de nos sociétés est dans l'unité et l'harmonie ».


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