Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lors d'une conférence de presse avec le président du Guatemala, Bernardo Arevalo, le 5 février 2025 à Guatemala City. JOHAN ORDONEZ/AFP
"Voleur", "délinquant"... Caracas s'en est pris vendredi au chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, farouche critique du président Nicolas Maduro, s'insurgeant contre la saisie d'un deuxième avion vénézuélien en République dominicaine par les Etats-Unis, qualifiée de "vol". La saisie a eu lieu quelques jours seulement après la visite à Caracas de l'envoyé spécial de Donald Trump, Richard Grenell, une rencontre que M. Maduro avait décrite comme un "nouveau départ" dans les relations entre les pays.
"La République bolivarienne du Venezuela dénonce devant le monde entier le vol éhonté d'un avion appartenant à la nation vénézuélienne, exécuté sur ordre du secrétaire d'État américain, Marco Rubio", a déclaré le ministère vénézuélien des Affaires étrangères dans un communiqué.
"Sa haine du Venezuela le conduit maintenant au crime (...) et à confisquer illégalement un avion avec la complicité du gouvernement +cipaye+ de la République dominicaine", ajoute le texte. Les cipayes étaient des soldats indiens servant dans l'armée britannique.
"Cette attaque contre le Venezuela prouve que Rubio n'est rien d'autre qu'un délinquant déguisé en homme politique, utilisant sa fonction pour piller et saccager notre pays de ses biens", poursuit le gouvernement vénézuélien.
"Sa haine fait de lui un délinquant international, capable de violer n'importe quelle règle pour nuire à notre patrie. Marco Rubio entrera dans l'histoire pour ce qu'il est: un voleur et un ennemi déclaré de notre peuple", conclut le texte, qui précise que "le Venezuela prendra toutes les mesures nécessaires pour dénoncer ce vol et exiger la restitution immédiate de ses avions".
Jeudi, lors de la dernière journée de sa tournée en Amérique latine, M. Rubio a assisté à la saisie, sur le tarmac de l'aéroport de Saint-Domingue, d'un deuxième avion appartenant au gouvernement vénézuélien en moins d'un an.
"La saisie de cet avion vénézuélien, utilisé pour échapper aux sanctions américaines et pour le blanchiment d'argent, est un exemple puissant de notre détermination à tenir le régime illégitime de Maduro responsable de ses actions illégales", a écrit sur X Marco Rubio, d'origine cubaine et fervent opposant aux pouvoirs de gauche en Amérique latine.
Les autorités dominicaines avaient immobilisé l'avion Dassault Falcon 200 l'année dernière en application des sanctions américaines en vigueur contre le Venezuela. Elles avaient déjà saisi un premier avion Dassault 900 en septembre 2024, peu après la réélection de M. Maduro en juillet et alors que le président Joe Biden était encore au pouvoir.
Licences pétrolières
Le 31 janvier, l’émissaire américain Richard Grenell s'était rendu à Caracas pour rencontrer M. Maduro et avait obtenu la libération de six prisonniers américains. Il avait aussi obtenu que le Venezuela accepte le retour depuis les Etats-Unis d'immigrants illégaux, et notamment de membres du gang vénézuélien du Tren de Aragua, selon Donald Trump.
Lors de son premier mandat, le président Trump avait cherché sans succès à évincer M. Maduro du pouvoir, durcissant les sanctions contre le Venezuela. Les Etats-Unis ont assuré n'avoir rien donné en échange de la libération des prisonniers.
Toutefois, des observateurs notent que M. Trump n'a pas révoqué les licences pétrolières octroyées notamment à Chevron (mais aussi à l'Espagnol Repsol et au Français Maurel et Prom) permettant d'exploiter le brut vénézuélien malgré les sanctions.
La licence de Chevron - qui produit quelque 200.000 barils-jour - permet notamment au gouvernement vénézuélien de recevoir légalement une manne financière, jugée vitale par des spécialistes.
Outre les Etats-Unis, une grande partie de la communauté internationale ne reconnait pas la victoire de Nicolas Maduro à l'élection présidentielle de juillet 2024.
Le Conseil national électoral (CNE) a proclamé M. Maduro, au pouvoir depuis 2013, vainqueur avec 52% des voix mais sans publier les procès-verbaux, se disant victime d'un piratage informatique. Une hypothèse jugée peu crédible par de nombreux observateurs.
L'opposition, qui a publié les procès-verbaux fournis par ses scrutateurs, assure que son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia a obtenu plus de 67% des voix.
Les troubles suivant l'annonce de la victoire de M. Maduro se sont soldés par 28 morts, 200 blessés et 2.400 arrestations. Près de 2.000 prisonniers ont été libérés, selon Caracas. Trois personnes sont mortes en détention.
"La République bolivarienne du Venezuela dénonce devant le monde entier le vol éhonté d'un avion appartenant à la nation vénézuélienne, exécuté sur ordre du secrétaire d'État américain, Marco Rubio", a déclaré le ministère vénézuélien des Affaires étrangères...


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