Un soldat israélien traverse un champ agricole à l’entrée du camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie occupée, le 5 février 2025, lors d’un raid de l’armée. Zain JAAFAR / AFP
La santé en Cisjordanie est soumise à un « état d'urgence perpétuel » suite à l'escalade des attaques israéliennes et entraves aux soins depuis octobre 2023, a dénoncé Médecins sans frontières (MSF) jeudi.
Selon un nouveau rapport de MSF, « l'escalade de la violence en Cisjordanie a gravement entravé l'accès aux soins des Palestiniens et s'inscrit dans un schéma d'oppression systémique par Israël qui a été décrit par la Cour internationale de justice (CIJ) comme de la ségrégation raciale et de l'apartheid ».
Depuis la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque d'une ampleur inédite menée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien, l'armée et les colons israéliens ont multiplié « les actes d'extrême violence contre les Palestiniens en Cisjordanie », dénonce MSF dans un communiqué. Depuis le 7-Octobre, au moins 884 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par l'armée israélienne ou par des colons, selon le ministère palestinien de la Santé. Dans le même temps, au moins 32 Israéliens, dont des soldats, y ont péri dans des attaques palestiniennes ou dans des opérations militaires, selon Israël.
« Le système de santé en Cisjordanie est soumis à d'immenses pressions et contraint de fonctionner dans un état d'urgence perpétuel », affirme le rapport, qui couvre la période d'octobre 2023 à octobre 2024. Selon MSF, la situation en Cisjordanie s'est encore détériorée depuis le cessez-le-feu à Gaza. Du 7 octobre 2023 au 4 février 2024, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a vérifié 657 attaques contre les services de santé en Cisjordanie.
MSF appelle Israël à mettre fin à la violence contre les travailleurs de la santé, les patients et les établissements de santé et à cesser d'empêcher le personnel médical d'accomplir sa mission vitale.
Travailleurs médicaux tués
Le rapport est le résultat d'entretiens approfondis avec 38 patients et membres du personnel de MSF, du personnel hospitalier, paramédical et des secouristes soutenus par l'ONG. Ils font état d'incursions militaires israéliennes prolongées et violentes et de restrictions de mouvement de plus en plus lourdes, autant de facteurs qui entravent gravement l'accès aux services essentiels, en particulier aux soins.
Un nombre croissant d'attaques des forces israéliennes contre le personnel et les structures de santé a été signalé aux équipes de MSF : « attaques au cours desquelles les forces israéliennes ciblent les hôpitaux, détruisent des centres médicaux de fortune dans les camps de réfugiés, mais aussi harcèlent, arrêtent, blessent et tuent des secouristes et travailleurs médicaux », indique l'ONG.
Dans les zones reculées et à la périphérie de villes comme à Jénine ou Naplouse, la situation est particulièrement critique, car les patients souffrant de maladies chroniques, par exemple ceux qui ont besoin de dialyses régulières, sont contraints de rester chez eux, affirme MSF.
« Des patients palestiniens meurent simplement parce qu'ils ne peuvent pas atteindre les hôpitaux », déclare Brice de le Vingne, coordinateur d'urgence de MSF. « Des ambulances sont bloquées par les forces israéliennes aux points de contrôle alors qu'elles transportent des patients en état critique, des centres médicaux sont encerclés et perquisitionnés, et des professionnels de santé sont victimes de violences physiques alors qu'ils tentent de sauver des vies », poursuit-il. En plus des fréquentes incursions militaires israéliennes, MSF pointe du doigt « la violence des colons et l'expansion constante des colonies affectent de nombreux Palestiniens, parfois effrayés à l'idée de se déplacer en Cisjordanie ».


L'OLJ révèle le projet non définitif de déclaration d’intention entre Israël et le Liban