Le Premier ministre désigné, Nawaf Salam, s’exprimant à la tribune du palais de Baabda, le 14 janvier 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Les Forces libanaises (FL) de Samir Geagea ont vertement réagi mardi à un article du quotidien arabophone al-Akhbar, proche du Hezbollah, qui les a accusés de négocier leur participation au gouvernement de Nawaf Salam sur base de leur velléité de briser leur adversaire politique, le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), allié du parti chiite, présidé par Gebran Bassil, rival politique et gendre de l’ancien chef de l’État Michel Aoun.
« Contrairement à une publication d’al-Akhbar aujourd’hui qui affirme les Forces libanaises négocient avec pour priorité de briser le CPL en exigeant le portefeuille de l'Énergie, cette nouvelle est fausse, car les FL n'ont à aucun moment exigé le ministère de l'Énergie », souligne le communiqué du parti maronite. « Elles ne négocient pas non plus dans un objectif de briser ou de noyer qui que ce soit, mais avec en ligne de mire l'intérêt national et la construction d’un État renversé il y a 34 ans, qui repose uniquement sur les règles de la Constitution, de la loi et de l'égalité. »
L’article du journal qui évoque la formation du gouvernement affirmait de son côté que le différend entre les partis politiques et adversaires chrétiens, les FL et le CPL, constitue « une difficulté » pour le Premier ministre désigné, Nawaf Salam. « Les FL négocient avec Nawaf Salam avec pour priorité de briser le député Gebran Bassil. Elles ont réclamé le portefeuille de l'Énergie, puis celui des Affaires étrangères, alors que M. Bassil, qui a rencontré le Premier ministre ces derniers jours, a demandé à garder l'Énergie. Or ce dernier (Nawaf Salam) a refusé, sans nier son intention de le donner aux FL », avance notamment l’article du Akhbar.
Le général Joseph Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise, a été élu président de la République libanaise le 9 janvier 2025. Après deux jours de consultations parlementaires contraignantes, il a désigné Nawaf Salam le 13 janvier pour former le prochain gouvernement.

