Des milliers de Syriens issus de la communauté alaouite, à laquelle appartient l'ex-président renversé Bachar el-Assad, ont participé jeudi aux funérailles de trois civils tués par des jihadistes étrangers proches des nouvelles autorités, ont rapporté une ONG et un témoin.
Depuis la chute d'Assad, la violence contre les alaouites - longtemps associés à son clan dans le pays à majorité sunnite - a fortement augmenté, l'ONG recensant au moins 148 meurtres.
"Des milliers de personnes se sont rassemblées lors des funérailles de trois fermiers alaouites de la même famille, dont un enfant, tués par des combattants islamistes étrangers alliés aux nouvelles autorités", a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les civils ont été tués mercredi dans le village d'Ain Sharqia, situé dans la région de Lattaquié, bastion alaouite, a précisé l'OSDH.
Ali, un des participants aux funérailles, a déclaré à l'AFP que les habitants réclamaient que les responsables soient punis et que les combattants étrangers quittent la région afin que les policiers locaux, affiliés aux nouvelles autorités, puissent prendre leur place.
"On ne peut pas avoir des gens qui meurent chaque jour", a-t-il dit, demandant à être identifié uniquement par son prénom pour des raisons de sécurité. "Nous voulons que la sécurité et la sûreté prévalent; nous soutenons les autorités de transition. Nous ne voulons plus de meurtres".
Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, a indiqué à l'AFP que les participants exigeaient également que les nouvelles autorités syriennes libèrent les milliers de soldats et conscrits détenus. La communauté alaouite était surreprésentée dans les forces armées du pays, aujourd'hui dissoutes. Mardi, trois religieux alaouites ont également été tués par des hommes armés inconnus sur la route de Tartous à Damas, a rapporté l'ONG.
Un autre religieux et sa femme ont été retrouvés morts dans la campagne de Hama jeudi, après avoir été enlevés la veille. Le mois dernier, des manifestations violentes ont éclaté en Syrie à la suite d'une vidéo montrant une attaque meurtrière contre un sanctuaire alaouite, l'Observatoire rapportant la mort d'un manifestant dans la ville de Homs.
Les nouvelles autorités islamistes qui cherchent à rassurer les minorités ont affirmé que la vidéo était "ancienne" et que "des groupes inconnus" étaient derrière l'attaque, précisant que la republication de la vidéo servait à "semer la discorde".
Depuis la chute d'Assad, la violence contre les alaouites - longtemps associés à son clan dans le pays à majorité sunnite - a fortement augmenté, l'ONG recensant au moins 148 meurtres.
"Des milliers de personnes se sont rassemblées lors des funérailles de trois fermiers alaouites de la même famille, dont un enfant, tués par des combattants islamistes étrangers alliés aux nouvelles autorités", a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les civils ont été tués...

