Des techniciens vérifient un avion de Syrian Air sur le tarmac de l’aéroport international fermé de Damas, le 11 décembre 2024. Omar Kadour / AFP
C’est un phénomène rare mais les derniers jours de l’année 2024 ont été marqués par une série d’accidents aériens de par le monde. Dix membres d’une même famille ont perdu la vie le 23 décembre après le crash d’un petit avion à Gramado au Brésil. Le 25 décembre, c’est un avion d’Azerbaijan Airlines qui, selon Bakou, aurait été touché par un missile sol-air russe au-dessus de Grozny, capitale de la république russe de Tchétchénie, et s’est écrasé dans l’ouest du Kazakhstan, faisant 38 morts et laissant 29 survivants.
Dimanche, un avion de ligne de Jeju Air en Corée du Sud a été victime d’une collision avec des oiseaux, combinée à des conditions météorologiques défavorables, lors de son atterrissage. Le crash a fait 179 victimes. Deux membres de l’équipage ont miraculeusement survécu. Il s’agit de la pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays. Le même jour, un petit avion de tourisme s’est écrasé au large de Ras al-Khaimah, aux Émirats arabes unis, coûtant la vie à son pilote et son copilote. Une enquête a révélé que l’avion avait perdu le contact radio avant de tenter un atterrissage d’urgence.
Enfin, le même jour, deux vols de la compagnie néerlandaise KLM et d’Air Canada ont dû atterrir en urgence en Norvège et à Halifax, respectivement. Aucune victime n’est à déplorer. Alors, si l’avion demeure le moyen de transport le plus sûr par kilomètre parcouru, il suscite toujours un mélange de fascination et de peur. Pour tenter de mieux comprendre ces faits successifs, L’Orient-Le-Jour a pris contact avec Khalil el-Khoury, pilote de la compagnie aérienne libanaise Middle East Airlines.
Y a-t-il un facteur commun entre ces récents accidents d’avion ou s’agit-il seulement du hasard ?
Il s’agit de pur hasard, chaque vol étant unique. L’industrie aéronautique a considérablement évolué. Les avions, les routes aériennes et les infrastructures aéroportuaires ont gagné en performance, et les technologies assistent désormais les pilotes, notamment grâce au pilotage automatique et aux systèmes d’aide à l’atterrissage.
Les accidents aériens sont généralement liés à des facteurs humains, qui ne concernent pas uniquement les pilotes. Il s’agit d’une chaîne complète de responsabilités impliquant plusieurs étapes allant d’une inspection minutieuse des bagages à une maintenance rigoureuse de chaque partie de l’engin. Une défaillance technique peut souvent être évitée grâce à des protocoles bien établis, empêchant ainsi une propagation en chaîne des erreurs.
Quelles sont les causes les plus fréquentes des accidents aériens ?
L’histoire de l’aviation est marquée par des accidents principalement attribuables à des erreurs de maintenance ou de fabrication, qu’elles proviennent des constructeurs aéronautiques ou des compagnies aériennes. Même les accidents dits « techniques » peuvent avoir une origine humaine ou organisationnelle : une erreur de conception, un défaut de fabrication ou un manque de vigilance.
À chaque étape du vol, il est essentiel de suivre rigoureusement les checklists pour éviter tout incident. Un crash survient généralement en raison d’une combinaison de circonstances graves et simultanées – plutôt rare donc –, comme pour le vol coréen qui a fait face à une conjonction de facteurs entre les oiseaux et la mauvaise météo. Pire encore, malgré ces circonstances, l’atterrissage semblait bien engagé : l’avion a d’abord touché terre sur le ventre et a glissé sur le tarmac, mais il a percuté un mur en bout de piste et l’appareil s’est plié en deux avant de prendre feu.
Dans ce cas, l’accident peut en partie être attribué à l’activité humaine. La présence d’un mur solide à l’extrémité de la piste enfreint les standards de sécurité de l’aviation internationale. Si cet obstacle n’avait pas existé, l’avion aurait pu déraper plus loin et s’arrêter naturellement.
Le mauvais temps, en particulier les turbulences, constitue un défi majeur en aviation. C’est pourquoi les pilotes doivent constamment surveiller les conditions météorologiques pendant le vol pour savoir à quoi s’attendre et adapter leur conduite en conséquence. Malgré les secousses parfois violentes, il n’y a rien de plus sûr qu’un avion dans ces situations. Le problème réside dans la capacité du corps humain à supporter de telles turbulences.
Qu’est-ce qui explique qu’un crash va être plus ou moins meurtrier pour les passagers ?
En tant que pilote, pour minimiser les dégâts causés par un crash ou un atterrissage d’urgence, la priorité absolue est de maintenir le contrôle de l’appareil aussi longtemps que possible et de choisir un lieu d’atterrissage offrant les meilleures conditions pour limiter l’impact. Le pilote doit toujours rester en contact avec le contrôle de la circulation aérienne. Cette communication devient cruciale en cas d’urgence. Il y a une coordination constante entre l’équipage et le contrôle aérien pour assurer la sécurité de l’appareil et de ses passagers.
Mais un crash reste un crash. Un accident sur une surface terrestre est souvent le plus dangereux en raison du risque d’explosion du carburant à l’impact. L’angle de la chute pourrait jouer un rôle crucial dans la gravité des dégâts. Dans le cas du crash survenu en Corée du Sud, les deux survivants se trouvaient dans la queue de l’avion. Bien que cette partie de l’appareil se soit détachée lors de l’impact, elle a offert une certaine protection. Les passagers assis à l’arrière ont généralement un pourcentage de survie plus élevé car cette zone est souvent moins exposée aux chocs les plus violents.
Concernant le crash au Kazakhstan, l’atterrissage d’urgence a été réalisé en étroite coordination avec le contrôle de la circulation aérienne. L’équipage a pu communiquer rapidement avec les autorités au sol, qui ont éteint le feu presque immédiatement et organisé une évacuation rapide. Ce timing a permis de sauver un peu moins de la moitié des passagers.



PRIERE LIRE * G4 MAGNETIC STORM *. ET JE DEMANDE A TOUS DE M,EXCUSER SUR LES MULTIPLES FAUTES D,ORTHOGRAPHE COMMISES. MERCI.
14 h 13, le 02 janvier 2025