Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, reçu mercredi à Ankara par le président turc Recep Tayyip Erdogan. Photo tirée du compte X du Sérail.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mercredi que son pays et le Liban s'étaient entendus pour agir ensemble au sujet de la Syrie, après la chute de Bachar el-Assad chassé par les rebelles islamistes. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre libanais Nagib Mikati.
« Une nouvelle ère a commencé en Syrie. Nous sommes convenus que nous devions agir ensemble, étant deux voisins importants de la Syrie », a déclaré M. Erdogan. « La stabilité de la Syrie détermine la stabilité de la région », a-t-il ajouté, soulignant que la reconstruction de ce pays ravagé par la guerre serait la priorité. « Il s'agit d'une période essentielle lors de laquelle nous devons agir avec unité, solidarité et dans la réconciliation », a encore déclaré le président turc.
Une coalition de groupes rebelles menée par les islamistes de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC) a pris le pouvoir en Syrie le 8 décembre, renversant le président Bachar el-Assad qui a fui à Moscou après avoir dirigé sans partage le pays pendant plus de 20 ans.
La sécurité du Liban
De son côté, le Grand Sérail a rapporté que le président turc a affirmé qu'« il est impossible de dissocier la sécurité du Liban de la stabilité de la région ». « La Turquie restera aux côtés du Liban face aux agressions israéliennes », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur le fait qu'Israël devait « respecter le cessez-le-feu » conclu avec le Hezbollah et « être soumis à la pression des Nations unies et de la communauté internationale pour tenir ses promesses ».
« Votre affection personnelle pour le Liban et nos relations personnelles solides ouvriront de nombreuses portes à la coopération et à l'aide », a déclaré M. Mikati en s'adressant à M. Erdogan. « L'agression israélienne contre le Liban se poursuit militairement de manière directe à travers les violations quotidiennes », a-t-il ajouté.
L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre, a mis fin à plus de 13 mois de combats et deux mois d’escalade à travers le Liban. Il prévoit notamment l’application de la résolution 1701 de l'ONU, l’arrêt des offensives du Hezbollah et d’autres groupes armés contre Israël, la cessation des actions militaires israéliennes au Liban, le démantèlement des infrastructures illégales de production d’armes, la confiscation des armes non autorisées, le déploiement des forces armées libanaises le long de la frontière sud, le retrait progressif d’Israël du Liban-Sud dans un délai de 60 jours, et le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani, soit à 20 km de la frontière.
M. Mikati, est arrivé en Turquie mercredi après-midi pour une « visite d'État », selon un communiqué publié par le Grand Sérail sur X. Il est accompagné par les ministres sortants du Tourisme, Walid Nassar, de l'Énergie et de l'Eau, Walid Fayad, de l'Environnement, Nasser Yassine, et des Travaux publics et Transports, Ali Hamiyé. L'ambassadeur libanais en Turquie, Ghassan Mouallem, ainsi qu'un représentant du commandement de l'armée, le général de brigade Youssef Haddad, font également partie de la délégation du chef du gouvernement libanais.

